Mais qu’est-ce je fais donc dans la vie ? Je bricode…

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Bricodeurs à l'oeuvre

- "Avant de débuter cette réunion, je vous propose de faire un petit tour de table et de nous présenter chacun. Madame X, vous démarrez ?"

- "Oui. Bonjour à tous. Madame X, je suis chargée de … au … et depuis 2011, nous…"

- ("Mais, bon sang, qu’est-ce que je vais dire ? Je fais quoi déjà, moi ? Synthèse, synthèse ! Ca doit tenir en deux phrases. Ne pas s’embrouiller…")

C’est stressant les tours de table, n’est-ce pas ? Chacun prépare sa petite phrase. On cogite et, en fait, on n’écoute pas vraiment ce que disent les autres, tout occupés que nous sommes à préparer la plus belle présentation. Bernard Lamailloux a proposé une solution sympathique par l’utilisation d’une balle magique qui permet de passer un peu aléatoirement de participant en participant plutôt que de faire un morne tour. Mais cela devient alors encore plus stressant car on ne sait pas quand notre tour viendra.

Ce qui me stresse personnellement, c’est d’arriver à définir en peu de mots ce que je fais et les idées se bousculent dans la tête.

- "Consultant. C’est bien, ça, consultant. Mais pas que… Et c’est peut-être un peu pompeux."

- "Ah oui, mais je suis quand même Docteur en Histoire. J’ai assez travaillé pour avoir ce diplôme. Faut que je le dise. Oui, mais est-ce que cela ne va pas tomber à coté de la plaque ?"

- "Animateur ? Oui, mais c’est super réducteur. Je ne fais pas que ça."

- "Formateur ? Trop formel ?"

- "Consulanimaformadocteur ? Non, ça ne veut rien dire."

- "Et la dimension artistique de mes interventions ? Il faut que j’en parle aussi."

- "Bref… Euh… On va dire que… Ca tiendrait en 3 mots mais… Arghhh ! C’est à moi !"

Toutes ces réflexions se transforment alors en une sorte de gloubi-boulga intense, où l’on ne perçoit plus vraiment le but final.

J’ai fini par trouver la solution et le terme. Je suis "bricodeur". Docteur en Histoire et Bricodeur.

Bricodeur, l’idée même du terme semble être entrée dans les moeurs. Lors du forum Educavox à Arsac, Claude TRAN m’a bien plus présenté sous l’angle du "piano bananes" avant ma participation à la table ronde et le nom de ‘Monsieur Bidouille" semble devoir me coller à la peau.

Qu’est-ce qu’un bricodeur, me direz-vous ? Essai de définition (en vrac) :

Le bricodeur bricole et code.

Le bricodeur pratique le DIY (Do It Yourself) et le CIY (Code It Yourself).

Le bricodeur est curieux.

Le bricodeur adopte la maxime suivante : "Si tu ne sais pas, demande. Si tu sais, partage."

Le bricodeur partage donc ses connaissances de manière ludique, pédagogique et artistique. Il n’hésite pas à conseiller ses pairs.

Le bricodeur donne à ses créations une existence physique. Il essaie de dépasser l’écran au travers d’interfaces nouvelles et interactives.

C’est déjà pas mal… A compléter, corriger, raturer ? ;-)

Et vous ? Êtes-vous des bricoleurs ? Bricodez-vous à la maison, dans votre classe, dans une espace de coworking, un hacker / maker space ?

Enseignement et Scratch, passons à la pédagogie ! (ou pas…)

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Why we like Scratch !

J’intervenais le jeudi 20 mars au CRDP de Lille dans le cadre de la journée académique de l’innovation consacrée plus particulièrement au jeu dans l’apprentissage.

Pour ma part, il s’agissait de présenter au sein de deux ateliers auprès d’enseignants les possibilités offertes par Scratch. Après avoir exposé les activités menées au collège Albert Samain de Roubaix dans le cadre d’un atelier d’initiation à la programmation destiné à rappeler les repères d’Histoire-Géographie de la classe de 4éme, nous avons mis les mains dans le cambouis en réalisant un tout petit programme en Scratch, un mini-récit afin de montrer les bases de la méthode.

L’intérêt des enseignants était réel et les échanges enrichissants. Si la technique continue à faire un peu peur, beaucoup se sont rendus compte qu’avec un peu de pratique les premiers écueils seraient vite dépassés. La peur de faillir devant l’élève peut constituer un frein puissant, mais pas forcément impossible à supprimer, d’autant que la programmation peut apparaître comme un savoir nouveau dans lequel l’échange est privilégié. Rendons à l’erreur sa fonction d’apprentissage plutôt que notion d’échec et nous aurons grandement avancé. Je me suis moi-même planté durant cette petite présentation, ayant auparavant regardé trop vite une carte d’Europe et mélangé République Tchèque et Pologne… Loin de m’en mortifier, cela m’a permis de montrer comment on pouvait débuguer / corriger le code. :-)

Il reste cependant une question qui m’a été posée par deux fois et à laquelle j’avoue avoir peiné à répondre.

En effet, les possibilités de Scratch sont immenses. Hormis les contraintes techniques, nous ne sommes limités que par l’imagination. Quelles sont cependant les possibilités, les applications pédagogiques par matière ? N’ayant été enseignant dans aucune des matières enseignées en primaire, collège ou lycée, il m’était difficile de donner de but en blanc des exemples concrets et, à la réflexion, ce n’est pas à moi de le faire, mon rôle n’étant pas de me substituer à l’enseignant, mais bien plus de dégager des outils et des pistes de réflexion et d’expérimentation pour les futurs créateurs de ressources.

Cela n’aurait d’ailleurs aucun intérêt. Comme si dans un atelier consacré à la cuisine, je n’apprenais que quelques recettes et non pas la méthode globale, seule permettant de cuisiner n’importe quel plat, voire d’en inventer par la suite.

Quatre pistes me semblent cependant primordiales :

  • Raconter,
  • Prouver,
  • Gamifier,
  • Évaluer.

Raconter ou présenter le cours autrement, sous un nouvel angle.

Prouver ou montrer par l’exemple, passer de l’abstrait au concret.

Gamifier ou rendre ludiques certaines notions dures à avaler.

Évaluer ou vérifier les connaissances au travers du jeu, de l’interactivité.

Tout cela, Scratch peut le faire, Scratch offre l’environnement adéquat. Mais Scratch n’est qu’un outil et c’est toute l’inventivité, la créativité de l’enseignant qui va apporter la magie et fertiliser le cours et les pratiques. Ajoutez-y une bonne dose de transversalité et vous ne regarderez plus jamais Scratch et la programmation du même oeil…

Lille Makers lance ses ateliers

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Nous étions quelques-uns à suivre hier soir le premier épisode de l’atelier Arduino organisé par Lille Makers.

Des premiers pas jusqu’à la réalisation d’un premier projet, cela a permis de mettre enfin les mains dans le cambouis et, pour ma part, de me familiariser avec cette drôle de carte qui me regardait du coin de l’oeil sans que jamais je trouve le temps de m’y intéresser sérieusement. Merci à Thomas (Asthrolab) pour cette sympathique initiation !

Notre installation au sein de l’espace de coworking, Mutualab, avance de mieux en mieux. C’est désormais un vaste espace de travail, des imprimantes 3D, du matériel à foison, un atelier bois et prochainement un atelier photo qui vous attendent au Makerspace.

Chaque jeudi soir, la communauté se retrouve pour un moment convivial d’échange et de "bricodage". N’hésitez pas à nous rejoindre. Plus d’infos sur le site.