Scratch et la musique : pump up the volume !

Revenons un peu sur le volume. Nous avons évoqué le volume des pistes mais pas le volume d’enregistrement et, pourtant, celui-ci peut s’avérer super utile.

Speak and run

Vous connaissez tous les jeux de « speed and run » où il s’agit d’éviter de nombreux obstacles alors que le personnage qui parcourt l’écran va de plus en plus vite. Ce type de jeu est bien évidemment réalisable en Scratch (par exemple, celui-ci).

Cela devient encore plus amusant si l’on contrôle les mouvements, par exemple avancer et sauter à l’aide de la voix au travers de l’algorithme suivant.

Le roi du silence

Plutôt que d’arrêter toutes les activités lorsqu’il y a trop de bruit et de proposer aux enfants de jouer au roi ou à la reine du silence, il existe une petite astuce qui favorise très rapidement l’auto-gestion et pour les plus malins l’envie de hacker le jeu. J’ajoute en effet dans certains jeux sous Scratch un petit bout de code qui fait disparaître le décor ou le héros.

La folie des vumètres

Mais le volume sert surtout à faire de jolis vumètres et je vous rappelle à ce sujet l’existence d’un article précédent qui vous en dira plus sur la question : Question de (point de) vu-mètre…

Scratch et la musique : le silence est d’or et dure 4 minutes 33 secondes

Je suis un grand fan de John Cage, un compositeur et artiste américain, décédé en 1992. Sa pièce peut-être la plus connue est considérée comme (au choix, rayer les mentions inutiles) : une expérience sonore et / ou musicale, un concept philosophique, une plaisanterie… Pour ma part, je la définirai comme une expérience sonore et musicale non dénuée de philosophie et encore moins d’humour.

En effet, la partition de 4’33’’ (4 minutes 33 secondes) n’est constituée que de silences. Cette pièce appelle à se concentrer sur l’environnement sonore qui constitue l’œuvre toute entière. Cela peut paraître étrange et pourtant nous devrions plus souvent nous pencher sur cet environnement, exceptionnellement riche de mélodies et de rythmes pour peu que l’on fasse évoluer non pas notre regard mais notre oreille. J’ai souvent utilisé cette technique dans ma pratique personnelle et dans nombre de morceaux réalisés en atelier où nous faisions de la musique en utilisant uniquement les sons nous entourant. Je me souviens ainsi d’une séance où les enfants jouaient avec des pommes de pin et enregistraient les sons produits avec en effectuant des mouvements différents à chaque fois (laisser tomber la pomme sur le sol de différentes hauteurs, frotter la pomme sur le sol, la main…).

« Jouer » 4’33 » peut donc constituer une expérience intéressante avant de plonger dans d’autres environnements sonores. Ce que tout le monde oublie souvent est que 4’33 est constituée de trois mouvements (le second commençant à la 31éme seconde et le 3éme à 2 minutes et 54 secondes, c’est-à-dire à la 174éme seconde, pour se terminer à la 273éme seconde) et il ne s’agit pas de rester statique pendant le temps du morceau. Il faut donc marquer les mouvements par un geste. Scratch peut nous aider de par l’utilisation du chronomètre suivant ce code. Libre à vous de le modifier pour marquer les temps de manière moins traditionnelle que par un simple message.

Le chat montre les différents mouvements et appelle à se concentrer sur l’environnement sonore. Une fois, cette expérience réalisé, il est intéressant de partager ce que chacun a ressenti, a entendu puis de passer à l’enregistrement des différents sons. Scratch est particulièrement adapté à cette tâche, pour peu que l’on dispose d’ordinateurs portables. Nous y reviendrons. Pour ma part, j’embarque toujours en atelier une flotte de 8 ordinateurs portables que les enfants peuvent déplacer et balader comme bon leur semble pour enregistrer des sons, des voix… On peut aussi s’appuyer sur les téléphones portables, plus particulièrement lorsque l’on travaille avec des adolescents. Cela permet de leur montrer une petite partie des capacités sonores de leur mobile et d’exploiter ainsi le matériel existant plutôt que d’interdire…

Scratch Conference 2017 à Bordeaux

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Il est impossible de résumer en un seul article la Scratch Conférence de Bordeaux. Il en faudrait plusieurs et ils ne manqueront pas par la suite. La fête bat son plein à l’Université de Bordeaux, ainsi qu’au marché des Douves et l’on navigue ou plutôt naviguait entre de nombreuses conférences et ateliers. Plaisir de retrouver la communauté, d’échanger avec d’autres utilisateurs, de découvrir de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes, de partager les expériences et se plonger dans un univers extrêmement riche. Ce n’est pas que Scratch ; c’est tout le domaine informatique sous l’angle du code, avec son histoire et sa culture qui se retrouvent dans ce melting-pot de quelques jours. Les questions fondamentales n’ont pas manquer et la conférence a permis de rappeler les enjeux de l’apprentissage de la technologie au-delà des effets de mode ou marketing que l’on peut connaître aujourd’hui. Il y a bien un enjeu culturel et social et il s’agit de l’affirmer et le réaffirmer au jour le jour dans nos actions.

Merci à tous ! Ce fut un énorme moment… Qui me motive encore plus à poursuive mes projets.

Je l’avoue : la fatigue se fait sentir et je ne saurais détailler très précisément tout ce que j’ai pu voir. Les articles suivront. En attendant, visite en images de la Scratch Conférence !

Que pouvait-on y découvrir ?

Se confronter à une installation faites de lampes à leds permettant d’expliquer le fonctionnement d’un ordinateur, le coeur même de la machine et des traitements en binaire.

Faire connaissance avec Vibot le robot dont les aventures permettent aux enfants d’appendre le code pas à pas et de manière ludique.

D’avoir 6 ans et non plus 41 lors d’un atelier consacré à ScratchX, Arduino et le monde physique au travers du DIY et du collage de feutrines (I love feutrines !).

Rappeler la philosophie de Scratch qui fait toute sa saveur et son originalité.

Rencontrer, non sans émotion, Cynthia Solomon, l’une des créatrices du langage Logo. J’ai réalisé qu’elle m’avait permis de nombreuses choses et qu’elle avait avec Seymour Papert en quelque sorte designé ma vie, ma passion, mon travail (et vous pouvez remarquer que travail arrive en dernier 😉 ).

S’initier à une approche différente du langage des technologies permettant d’éviter les querelles de chapelle entre enjeux politiques et enjeux des apprentissages.

Découvrir comment allier Scratch et robotique.

Faire le pont avec les fous de Minecraft et le langage Java.

Minecraft

S’initier à la collaboration et à l’auto-évaluation.

Collaboration

Partager des activités numériques sans ordinateur, ici la constitution de cadavres exquis au travers d’un algorithme.

cadavres exquis

Découvrir des projets liés à Scratch et au handicap.

Scratch 4 Disability

Partager des histoires personnelles et la naissance de notre passion pour le code.

Histoires personnelles

Réaffirmer la présence de l’Afrique et de ses nombreuses initiatives dans la communauté Scratch, tout en construisant de nombreux liens.

Scratch Africa

Mais aussi, plus surprenant, assister et participer à une pièce de théâtre portant sur les algorithmes.

Théâtre

Et surtout découvrir la formidable performance de l’artiste Zoé Philpott qui nous a fait vibrer au travers de la vie d’Ada Lovelace, la première programmeuse de l’histoire de l’humanité.

Performance Zoé Philpott

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