Petit éloge du vagabondage pédestre et mental

Très souvent l’on nous dit qu’il faut avoir une activité physique, par exemple marcher (au moins 30 minutes par jour) mais jamais personne n’utilise le terme « vagabonder ». Il est perçu comme péjoratif. D’ailleurs les résultats de recherche sur le Wikitionnaire l’associent à d’autres résultats comme « fou », « misérable », « crotté »… Cela n’incite pas à s’y intéresser.

C’est pourtant un de mes gros défauts – au regard de la société actuelle – et il ne faut pas que dans mon espace visuel traîne un sentier inexploré, un bord de rivière accueillant, une porte abandonnée et mystérieuse pour que j’y plonge avec joie. Je viens ainsi ce matin de déposer ma voiture au garage pour un contrôle technique et deux possibilités s’offrent à moi : soit rester assis dans la salle d’attente, soit faire 100m pour rejoindre un petit sentier qui longe une rivière et des prés. Bref, vagabonder. Je me souviens de journées complètes à errer à la campagne ou dans des villes comme Bruxelles ou Paris. Sans but précis. Je revois des congrès, meetings, salons où la plupart se précipitaient du coté de la machine à café tandis que je plongeais dans les bas-fonds qui entouraient les lieux (en costard-cravate, il faut le préciser 😉 ).

Vagabonder, c’est sortir du cadre, aborder parfois des lieux peu fréquentés, se confronter à des espaces où le piéton n’a pas de place, voire où ont été reléguées des populations marginales.

Attention danger ? En plus de 20 ans de vagabondage, je n’ai jamais été inquiété, juste inquiet mais il ne s’agissait alors que d’un tour de mon imagination. Pour le reste, il suffit de prendre un minimum de précautions : bien regarder où on traverse, prendre son temps, ne pas rentrer dans un bâtiment qui semble en trop piteux état, être ouvert et amical.

Le danger n’est pas là. Il est surtout dans le regard des autres qui considèrent le plus souvent ces balades comme des excentricités. Je me souviens d’un retour de réunion (lorsque j’ai été encore salarié) où chacun s’est empressé de foncer dans sa voiture tandis que votre serviteur se payait deux kilomètres à pied. Cela m’a valu une incompréhension totale et quelques remontrances.

Il s’agit en effet de courir, d’optimiser son temps. Si l’on a du temps à perdre, il convient de le passer le portable à la main. Même si vous ne l’utilisez que pour un loisir, cela donne un air important. C’est plus gratifiant que d’errer au hasard, de marcher. Il semble dans la hiérarchie sociale que marcher c’est bon pour les autres, ceux qui n’ont pas d’ambition.

Je ne dis pas cependant que l’on n’a pas le droit de marcher. Mais, dans la société, il y a des temps bien définis pour cela. Apparemment il existe une loi qui dit « tu ne te baladeras que durant les vacances ou les week-ends ». La semaine c’est tabou car on travaille. Si tu déroges à cette règle, tu passes pour un fainéant.

Bref, optimisons notre temps. Mais est-ce bien efficace ?

Sur ces deux kilomètres à pied en effet – du loisir selon ma hiérarchie de l’époque -, j’ai eu tout le temps de réfléchir aux propos échangés durant la réunion. Mon cerveau était libre de penser, d’analyser et de construire un projet. Au terme de ma balade, tout était ficelé dans ma tête et il ne me restait qu’à utiliser mon clavier, ma plume numérique, pour partager ma vision avec mes collègues. Curieusement le fait que ma proposition ait devancé d’une semaine celles des autres n’a pas été retenu. J’avais vagabondé… Coupable tu es. Coupable tu resteras.

Parfois on s’étonne que je laisse les enfants jouer en atelier ? Quoi ? Ils ne font pas l’activité. Ils jouent ?

En effet, soit ils ont besoin d’un peu de vagabondage mental, soit c’est une récompense pour avoir mené à bien le travail demandé, soit enfin le jeu fait partie de l’expérience, de l’activité et est associé à un défi, un montage.

J’applique la même philosophie que pour le vagabondage pédestre. Ce n’est pas la faculté de savoir rester assis face à un bureau qui va sauver qui que ce soit; c’est la curiosité, la capacité à savoir utiliser ses compétences, à les mélanger, à en extraire tous les petits détails nécessaires au projet mené pour construire une nouvelle connaissance.

Les enfants en ont besoin autant que les adultes.

Récemment je jouais à Contra, un vieux jeu vidéo qui a bercé ma jeunesse. J’y ai joué tant et plus sur Amstrad CPC. Toute personne me voyant faire pourrait se dire que je ne travaille pas, que je m’amuse. Si on leur demandait s’il souhaite m’embaucher, je pense que la réponse serait non. La société a en effet besoin de gens qu’elle croit productifs, pas de flâneurs dans mon genre. Idem à l’école où je me serais payé une remarque voire une belle punition. Sauf que j’étais coincé à ce moment précis, coincé sur un bout de code et une manière de présenter les choses dans un mail. Coincé sur un terme qui ne venait pas. Alors j’ai fait comme de tous temps : j’ai laissé mon esprit vagabonder. Un quart d’heure plus tard la solution s’imposait. Si j’étais resté face à mon code ou à ce mail, rien ne serait venu. Et pourtant c’est bien souvent ce que l’on impose. La pause « cigarette » est acceptée au boulot. Essayez par contre de faire une pause « jeu vidéo » ou « balade ». Nous savons tous quels joyeux qualificatifs on vous donnera.

Visez pourtant l’efficacité. En éducation, les enfants ont besoin d’être stimulés, de respirer. Alors peu importe qu’ils donnent l’impression de ne rien faire. Pour peu que vous les ayez mis sur la voie, que vous les aidiez à gérer ces temps de pause pour qu’ils deviennent des moments créatifs et productifs, cela n’en sera que bénéfique.

Essayez par vous-mêmes. Où trouver le temps ? Je ne le trouve pas, je le prends ou plutôt je l’intercale. Explorez votre environnement proche. N’oubliez juste jamais d’avoir un carnet et un crayon sous la main (ou une application de prise de notes). Jamais…

Cet article a été rédigé sur mobile en 10 minutes face à une rivière, un saule pleureur, 3 canards et 2 poules d’eau. Relu, validé et posté avec 5 minutes de Castlevania entre deux.

Scratch et la musique : enregistrement et gestion des sons

Chat et synthétiseur analogique

Dernière partie de la série Scratch et la musique avant d’aborder des exemples pratiques, nous abordons la partie « sons » de Scratch, c’est-à-dire l’onglet qui permet de gérer des sons pré-enregistrés et non les commandes de Scratch utilisant des sons synthétisés (c’est-à-dire créés par l’ordinateur).

Scratch offre deux commandes pour utiliser ces sons préalablement chargés / enregistrés dans votre projet.

La deuxième commande attend la fin du son avant de passer à la suite du script. Testez les deux scripts suivants pour voir la différence.

L’onglet « Sons » au centre à coté de « Costumes » vous permet d’accéder à l’ensemble des sons liés à un sprite, ainsi qu’à la bibliothèque de sons dont dispose Scratch.

L’interface vous donne accès à plusieurs icônes et menus :

  • le petit haut-parleur pour accéder à la bibliothèque de sons
  • le micro pour créer de nouveaux sons par enregistrement
  • le dossier pour charger un ou plusieurs sons
  • le nom du son (que l’on peut renommer à notre guise)
  • les boutons undo / redo pour annuler une action ou la refaire après annulation
  • la courbe de visualisation de notre son
  • les boutons lecture, stop et enregistrement
  • les menus « édition » et « effets »
  • enfin, le volume d’entrée du micro lors de l’enregistrement

Cliquer sur la petite croix qui apparaît en haut à droite de l’icône du son sélectionné permet de le supprimer définitivement.

Bibliothèque de sons

La bibliothèque de sons de Scratch est comme la bibliothèque de sprites. Rangés par catégories, les sons peuvent être écoutés puis chargés les uns après les autres. Pour écouter un son, il suffit de cliquer sur la flèche apparaissant à coté du haut-parleur. Pour le charger, un double clic suffit ou le sélectionner puis cliquer sur « OK » plus bas. On peut sélectionner plusieurs sons en maintenant la touche Shift enfoncée (flèche pour les majuscules et non CAPS LOCK).

Enregistrer un son

Cliquer sur le micro vous permet de créer un nouvel espace vide dans lequel nous allons pouvoir enregistrer un son. Pour cela, il suffit de cliquer sur le bouton rond « enregistrement » à coté du menu « édition ». Scratch enregistre alors le son au travers du micro interne de l’ordinateur ou de tout autre micro que vous auriez pu brancher.

La barre colorée à gauche indique le niveau d’entrée du son. Si c’est vert, c’est bon. Jaune, le volume est correct mais peut-être un peu fort. Rouge, le volume est trop fort et le son sera carrément saturé. Inutile donc de hurler devant l’ordinateur. Le résultat ne pourra être que difficilement exploitable.

Pour obtenir un son correct, il convient de régler le volume d’entrée du micro grâce au potentiomètre présent dans Scratch. Il n’y a pas de recette miracle sur ce plan. Le mieux est de tester et de trouver le réglage idéal en fonction de votre ordinateur.

Menu « édition »

Je ne rentrerai pas dans le détail des commandes de ce menu qui reprend les classiques « undo / redo » (annuler / rétablir), les commandes de « copier / coller », de sélection et d’effacement. Elles nous serons très pratiques pour manipuler les sons et en extraire les parties qui nous intéressent.

Pour sélectionner, il suffit de positionner le pointeur de la souris sur une partie de la courbe du son, de cliquer (clic gauche) et en gardant le doigt enfoncé de glisser sur la courbe.

Menu « effets »

Les effets permettent de modifier le son ou une partie du son. Scratch propose quelques effets basiques. Pour aller plus loin dans ce domaine, je vous suggère l’utilisation du logiciel libre Audacity.

– Fondu en ouverture / Fondu enchaîné

Les fondus permettent d’atténuer le début ou la fin d’un son en faisant monter ou descendre progressivement le volume à partir ou jusqu’à zéro. La traduction par « Fondu enchaîné » est quelque peu erronée et l’on devrait plutôt parler de « fondu en fermeture ».

– Plus fort / Plus doux

Scratch ne permet pas de régler le volume d’un son finement. Il vaut mieux en général utiliser un logiciel comme Audacity si vous voulez obtenir des résultats précis. Ces deux commandes peuvent cependant s’avérer utiles. Attention à ne pas trop monter le volume du son au risque de le saturer.

– Silence

« Silence » met purement et simplement à zéro le volume du son ou de la partie de son sélectionnée.

– Inversé

Cette commande inverse la courbe du son de la gauche vers la droite. Le début du son devient ainsi la fin et la fin le début.

Sondages rapides sur internet… Certes…

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La valeur des sondages « à la volée » sur internet me fait souvent sourire. J’ai du mal à en voir l’intérêt sinon une nouvelle fois une manière de capter l’attention, voire manipuler l’opinion sans aucune valeur scientifique.

Primo le sondage en question se fait suivant le bon vouloir des visiteurs du site. Qui sont-ils ? Sont-ils représentatifs ? Nous n’en savons rien et il y a peut-être une trop forte proportion de tel ou tel profil au détriment d’un autre, ce qui masque totalement la réalité. Rien que ce point devrait suffire à ne pas tenir compte de ce type de sondage. Mais il y a plus grave, exemple à l’appui.

Un site présentant le programme télé me pose en bas de page la question de savoir si une chroniqueuse doit quitter ou non une émission. Curieux de savoir comment fonctionne la validation et l’identification des participants, je clique machinalement sur « oui ». Ce dernier cartonne à 85% pour un peu plus de 26000 participants. J’avais en tête deux possibilités de mémoriser mon choix : soit le site inscrit mon vote dans un petit fichier, le fameux cookie ; soit mon adresse IP (pour les néophytes, l’identifiant de mon ordinateur sur le réseau, une sorte de « numéro de sécurité sociale » pour ordinateur) est stockée. En rechargeant la page, je vois naturellement que je ne peux plus voter. Il me sera donc impossible de gonfler les chiffres.

Sauf que…

Il m’est tout à fait possible de me connecter d’un autre endroit plutôt qu’à partir du réseau sur lequel je me trouve. Dans ce cas, mon adresse IP change et je possède alors une nouvelle identité qui me permet de voter de nouveau et ainsi de fausser les résultats. Il est même possible de changer d’adresse IP sans changer de réseau. On peut donc imaginer d’automatiser la chose.

Sauf que c’est encore pire…

Je ferme en effet mon navigateur, ce qui a pour effet avec divers réglages que j’ai effectués (et accessibles à tout un chacun) de vider mon historique de navigation et d’effacer les cookies. Retour sur la page du sondage : je peux de nouveau voter. Libre à moi de nouveau d’automatiser la chose et de faire gonfler les résultats vers le « OUI » ou le « NON » ou même juste pour le fun d’équilibrer le vote en votant successivement pour « OUI » puis « NON » faussant ainsi le nombre de participants. Je ne l’ai bien évidemment pas fait.

Mais je vous laisse tirer la conclusion : quelle est la valeur de ce sondage vu la facilité de manipulation ?… Néant ?