Chacun cherche son chat : Scratch 3.0 est annoncé #scratch3

Ce mercredi 19 juillet avait lieu lors de la Scratch Conférence 2017 à Bordeaux, la présentation d’une preview de Scratch 3.0. L’événement fort attendu a non seulement permis de découvrir les avancées de l’environnement de développement dédié aux enfants (mais pas que) mais aussi de mettre les mains dans le cambouis au travers d’une pré-version accessible en ligne qui ne manque pas de bonnes nouvelles.

La première est l’abandon de Flash dans le développement de Scratch pour se tourner vers des solutions plus « friendly » utilisant HTML5 (Javascript / CSS), ce qui permet à Scratch 3.0 d’être compatible avec les dispositifs mobiles (smartphones, tablettes) en sus des systèmes d’exploitation Windows, Linux et Mac OS X. Ce choix facile aussi l’intégration de Scratch 3.0 dans l plupart des navigateurs existants. Concernant les tablettes, l’équipe de développement de Scratch prévoit la création d’applications natives par la suite.

L’accessibilité a aussi été revue avec le support des langues se lisant de droite à gauche, ainsi que la possibilité d’utiliser des « screen readers » pour les personnes non voyantes ou mal-voyantes.

La compatibilité des projets issus de Scratch 2.0 est assurée, contrairement à ce qui s’était passée en passant de Scratch 1.4 à Scratch 2.0. L’import de projets 2.0 peut d’ailleurs se faire dans Scratch 3.0 en ajoutant simplement dans l’url l’identifiant du projet 2.0, ce qui évite la fastidieuse opération de sauvegarde puis d’import entre les deux versions (beaucoup plus facile à expliquer aux enfants… 😉 ). Par ailleurs, les projets ScratchJR seront compatibles avec Scratch 3.0 et la grammaire horizontale (ScratchJR mode) sera automatiquement traduite en grammaire verticale (mode par défaut de Scratch).

L’interface générale (comme on peut le voir sur la capture d’écran) reprend quant à elle le design de la première version en plaçant à gauche les commandes et les scripts, plutôt qu’au milieu et à gauche pour la version actuelle. Cela correspond à l’interface de la plupart des environnements de développement actuels et facilitera donc le passage de l’enfant ou de l’adolescent à un autre langage par la suite.

Quoi de neuf au niveau des commandes ? Scratch 3.0 supporte la synthèse vocale mais aussi la reconnaissance vocale. Cependant celle-ci sera limitée aux langages supportés par l’API du navigateur. Celle de Chrome par exemple permet de reconnaître 14 langages différents. Une extension pour Spotify est prévue. Enfin, Scratch 3.0 intègre de nombreuses commandes dédiées à l’IoT (Internet des Objets) et permettra de piloter nativement des dispositifs comme des robots, des plateformes de domotique ou de prototype électronique comme Arduino.

Cerise sur le gâteau, une fonction « undo / redo » a été ajoutée. C’en est fini des scripts qui disparaissent suite à une erreur humaine et que vous ne pouvez que pleurer.

Il faudra cependant être patient car Scratch 3.0 ne sortira que dans à peu près 6 mois en version alpha. La version officielle ne devrait voir le jour qu’en septembre 2018.

En attendant, l’équipe de développement permet de tester une pré-version au travers de leur GitHub (https://llk.github.io/scratch-gui). De nombreuses choses ne sont pas encore intégrées. Il est donc inutile de s’alarmer sur la disparition de telle ou telle fonction. Elle n’a la plupart du temps pas encore été ajoutée. Le code est open source et il est possible d’interagir avec l’équipe par exemple au travers de Twitter en utilisant le hashtag #scratch3. Les recommandations, les rapports de bugs sont les bienvenus, en particulier sur les projets 2.0 qui ne fonctionneraient pas dans la version 3.0. Rejoignez l’aventure…

RMLL 2017 : quoi de neuf ?

On ne peut que se réjouir de cette édition des RMLL (Rencontres Mondiales du Logiciel Libre) à Saint-Etienne du 1er au 7 juillet. L’événement avait en effet été annulé l’année dernière, faute de candidat pour l’organiser. Si l’affluence était toute relative, le nombre de conférences et d’ateliers, ainsi que leur grande qualité, témoignent de la vivacité de la communauté du libre. Des rencontres professionnelles étaient même organisées en parallèle les 4 et 5 juillet.

Le logiciel libre et sa communauté se portent bien mais les combats et les questions de fond ne manquent pas. AU niveau éducation, on retiendra essentiellement les possibilités offertes par le serveur WIMS (Web Interactive Mathématics Server) dont les instances se multiplient un peu partout en France, ainsi que les avancées du dispositif d’expérimentation scientifique ExpEyes dont j’ai suivi l’évolution au fil des ans jusqu’à cette dernière version qui me semble tout à fait prometteuse. L’appareil n’est malheureusement pas encore distribué officiellement en France mais cela ne saurait tarder. J’ai pour ma part hâte de le tester complètement. Les applications que j’ai pu en voir sont tout à fait prometteuses. La suite libre LibreOffice était tout aussi présente et l’on ne peut que regretter qu’elle n’ait pas été mise en avant dans le domaine de l’éducation plutôt que de se tourner vers des suites propriétaires, mais ceci est une autre histoire. La force du logiciel libre reste entière et l’Histoire tend à prouver que le projet avance car il s’agit bien d’un projet de société et non simplement d’une histoire de logiciels. Qui aurait prédit il y a 20 ans que la plupart des sites web seraient gérés par un serveur libre, que des suites bureautiques feraient de l’ombre aux tenants du titre, qu’un navigateur libre dépasserait Internet Explorer, que le système GNU/Linux serait indispensable à de nombreux domaines professionnels et scientifiques, qu’il équiperait (certes pas totalement librement) des millions de terminaux mobiles que sont nos smartphones et surtout qu’une communauté aussi importante se serait formé autour de ce projet ?

Car projet il y a et, si chacun a pu vivre les RMLL à sa manière, pour ma part, c’est plutôt sous l’angle de la discussion, du débat, de la quête de sens que je les ai vécues. La table ronde sur la musique libre à laquelle je participais a ainsi permis de faire émerger nombre de questions liées à la culture libre en particulier sur les avantages donnés aux auteurs / créateurs et sur le modèle économique (rétribution / rémunération) ou comment vivre / survivre de son art. De même, la question de la cohabitation avec le monde non libre reste prégnante.

Au delà de ces questions, le souhait de partager, de créer un autre type de relation avec le public reste fort. Mais aussi de créer un autre modèle de droit d’auteur. J’ai beaucoup apprécié la remarque de Sylvain, membre du groupe Paula Powered (ravi de les avoir croisés d’ailleurs en tant qu’auditeur), disant qu’il aimait « faire de la musique comme un maçon ». Le maçon en effet construit le mur, la maison, mais ne réclame pas de droits d’auteur lorsque celle-ci est revendue. La maison ne lui appartient plus. Peut-être que cette approche résoudrait bien des problèmes. Vendre l’oeuvre, le spectacle, l’installation… sans en réclamer plus à chaque utilisation. Il y a certes une graduation à mettre en place. Entre une musique reprise par la chorale d’une école ou intégrée dans un film à grand spectacle, il y a un gouffre.

Entre la richesse immense et malheureusement méconnue du domaine public, celle toute aussi grande du domaine de la culture libre, il reste un immense effort à effectuer pour faire connaître les nombreuses initiatives qui les entourent. Les licences libres sont cependant jeunes et font face à un système de plusieurs siècles. Il est normal que l’on essuie encore les plâtres et qu’il existe de fortes attentes au niveau de leur évolution. Reste à espérer que la culture libre connaisse peu à peu le même engouement que le logiciel libre. Comme le dit si bien l’équipe du site Framasoft, « la route est longue mais la voie est libre » !

Rendez-vous aux RMLL !

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Cela faisait un petit moment que je n’avais pas pu m’y rendre et c’est avec une grande joie que je participe de nouveau aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre qui ont lieu cette année à Saint Etienne du 1er au 7 juillet. Le weekend est consacré au grand public et la semaine à nombre d’ateliers et de conférences dédiées à de nombreux aspects du libre mais aussi de la culture qui l’entoure. Le programme thématique a été notamment publié dans cet article d’Educavox. Pour plus de détails, on se référera au programme complet sur le site des RMLL qui, comme vous pourrez le constater, est particulièrement dense.

Pour ma part, pas question de venir en touriste. 😉 Je participe à deux sessions et suis invité à la table ronde consacrée à la musique libre.

Comment mettre Scratch, la Musique Contemporaine, l’Art, les Maths et l’Histoire dans un mixeur

Plus d’infos

Mercredi 5 juillet 2017, 11h-12 / Room Info J 203 Workshop Programmation

Où nous parlerons de John Cage, Philip Glass, Steve Reich, Luigi Nono, Leonardo Fibonacci, Picasso, Sonia Delaunay, Benoît Mandelbrot, Pythagore, Dali … et de leurs relations avec le code Scratch… Scratch n’est pas seulement un bon chat réalisant les instructions que nous lui donnons. C’est aussi un artiste. Le panneau sonore des instructions peut être vu comme un peu limité, mais les contraintes rendent le défi vraiment plus intéressant. Nous présenterons brièvement toutes les instructions que nous pouvons utiliser dans Scratch pour produire des sons et donner quelques conseils à leur sujet. Le but de l’atelier est de construire un moteur pour produire de la musique générative en utilisant certaines des techniques qui ont inspiré les musiciens et les artistes contemporains. Hasard et Mathématiques seront les clés principales de nos créations et nous espérons échanger ensemble à la fin de l’atelier dans une brève performance musicale expérimentale. Les abstractions visuelles seront également introduites brièvement pour fournir une expérience graphique.

Late@Night mix

Plus d’infos

Mardi 4 juillet 2017, 12h-13h / Room D 03 Concerts Journées

Mix de musique contemporaine et expérimentale libre.

Table ronde musique libre ! (organisé par Alain Imbaud, président de l’association Musique Libre !)

Plus d’infos

Jeudi 6 juillet 2017, 11h-12 / Lecture hall J 020

L’association Musique Libre ! propose d’animer une table ronde consacrée à la musique avec comme intervenants les musiciens présent sur les RMLL. On y parlera des problématiques des musiques actuelles ainsi que des connexions ou des scissions entre les différents types de gestion de la musique.

Au plaisir de vous croiser !