Coder comme une fille ?

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Vous n’avez normalement pas pu passer à coté de cette vidéo présentée par Always, #CommeUneFille. Il est en effet temps de cesser ces clichés qui n’auraient jamais dû voir le jour. « Comme une fille »… Pourquoi pas ? En quoi cela a-t-il une connotation péjorative, hormis parce que notre société y aurait apposer un prisme négatif ?

Je me posais donc la question : Coder comme une fille, ça ressemblerait à quoi ? Je l’ai déjà évoqué lors d’autres articles. Exit ce cliché qui consiste à croire que les activités scientifiques, informatiques ou électroniques sont réservées aux garçons. Cela n’a aucun sens. Les premiers usagers de l’ordinateur, le fameux ENIAC, étaient non pas des manipulateurs mais des manipulatrices puis le glissement s’est opéré et encore de nos jours on a tendance à considérer que cela n’est pas fait pour les filles. Pourtant elles sont nombreuses lors des ateliers. Parfois même, j’ai une majorité de filles dans le groupe.

Je n’évoquerai pas les quelques affaires sexistes qui ont récemment émaillé le milieu du développement ou du gaming. C’est regrettable et on se demande comment on peut en arriver là. Il y a encore fort à faire avant que les clichés tombent. Un petit exemple dans cet article qui date un peu mais dont les clichés subsistent.

Je n’irai pas dans la dualité stupide en opposant filles et garçons. Toutes les filles ne sont pas forcément intéressées et tous les garçons ne cultivent pas les rodomontades. Mais je constate souvent qu’une bonne partie de ces derniers s’enferme dans ce que j’appellerai l’effet « Moi, j’ai une plus grosse manette que la tienne ! ». On bavarde, on discute PS4, GTA, Call of Duty, League of Legend, Minecraft, meilleurs scores, etc avant de réaliser qu’on est toujours au même résultat tandis que les filles avancent de leur coté.

Cela m’amuse aussi beaucoup de voir lors d’événements des parents inscrire leur fils, venir avec lui et bien sûr emmener la petite soeur pour ne pas qu’elle reste seule à la maison. Très souvent c’est la petite soeur qui code, expérimente tandis que le grand frère s’intéresse plus ou moins.

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Cela n’a rien d’une statistique mais une simple constatation que je fais régulièrement. Alors coder / bricoder comme une fille, ce serait quoi ? Pour l’instant, j’avoue n’avoir aucune idée des particularités que l’on pourrait y donner mais je sais que cela avance et que de nombreuses initiatives voient le jour et c’est ailleurs un de mes souhaits d’organiser des événements spécifiques aidant à démythifier ces clichés. Je suis aussi quelques-unes de ces initiatives sur lesquelles je ne manquerai pas de communiquer en temps utile. N’hésitez pas à vous faire connaître si vous organisez quoi que ce soit en ce sens.

Construire un rpg (jeu de rôle) avec Scratch : la genèse !

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RPG Lego

L’idée m’est venue en discutant avec une enseignante de Mathématiques du collège Albert Samain. En montant notre projet, nous avons convenu que créer un jeu de rôle était la meilleure façon de mobiliser un vaste ensemble de connaissances et de mutualiser d’autres pratiques pédagogiques. Ainsi, le français pour la construction du récit, l’histoire-géographie pour la contextualisation, les arts pour les graphismes et la musique, voire les langues vivantes pour une possible traduction de notre jeu…

Cette série d’articles va donc aborder tous les éléments nécessaires à la création d’un jeu de rôle à l’aide de Scratch, à savoir :

  • Mouvements du personnage principal
  • Construction du décor
  • Mouvements des personnages secondaires
  • Interactions avec les personnages
  • Inventaire
  • Combats
  • Caractéristiques des personnages et évolution du héros
  • Effets sonores
  • (liste non exhaustive)…

Ne croyez pas que de 2015 à 2016 une gentille fée se soit penchée sur moi et m’ait donné des talents de graphiste. L’ensemble des ressources graphiques qui seront utilisées proviennent du site OpenClipArt qui offre plusieurs milliers d’images sous licence libre (et qui, étant en anglais, permet d’apprendre un peu de vocabulaire aux élèves).

Pour commencer, nous allons aborder la question ô combien cruciale du déplacement.

Deux méthodes au choix en fonction de votre personnage. Soit vous adoptez la vue de profil (style Super Mario Bros – « Un RPG en vue de profil ???!!! », me diront les puristes. Pourtant il y a eu Super Wonder Boy in Monster Land qui s’en rapprochait.), soit la vue de haut (style Pokemon). Des petits malins me diront qu’on peut aussi adopter la 3D en vue isométrique comme dans le jeu Crafton & Xunk. Certes, mais je vous souhaite bien du plaisir… ;-) Pour ma part, j’adopterai la vue de haut.

Pour la vue de profil, le code est simple et l’on se contentera d’utiliser les coordonnées X & Y. Ainsi :

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On n’oubliera pas cependant de créer un costume supplémentaire représentant notre personnage tourné dans l’autre sens quand il ira vers la gauche. Ne pas oublier non plus de le placer dans le bon sens dès le départ de notre jeu (quand le drapeau vert est pressé).

Costume

Pour la vue de haut, il faut tout d’abord se munir d’un lutin adéquat. Par exemple :

CatHaut

Ensuite le code est assez simple car nous n’utilisons que la fonction « avancer de x pas » en prenant soin d’orienter le personnage dans la bonne direction.

MvtHaut

La suite au prochain numéro ! A bientôt…

De rerum Pi, Fibonacci, Scratch, ma vie, mon oeuvre et de la conformité de l’existence

Numbers

Mieux vaut tard que jamais !

2015 vers 2016, un simple changement de chiffre… Je commence l’année en jonglant avec les chiffres et ai terminé la précédente en jouant avec les chiffres. La comptabilité d’abord… ;-) Puis en créant quelques petits programmes en Scratch pour calculer Pi, détecter les nombres premiers ou établir la suite de Fibonacci.

Toute personne ayant un tant soit peu suivi ma scolarité serait en train de se frotter les yeux : « Rêve-je ??? » car je m’amuse à faire ces calculs, non pas que cela ait une quelconque utilité dans un autre de mes codes, mais juste pour la beauté du geste. Moi, un littéraire ? Pour qui les maths ne se passaient pas trop mal « mais il y avait des limites quand même » !

Un atelier durant les vacances de Noël a été l’occasion pour la mère d’un enfant de me faire cette belle réflexion : « C’est à l’âge où ils ont besoin d’affirmer leur différence qu’on les éteint. » Cela a trotté longtemps dans ma tête…

Lors d’un atelier sur la musique électronique, un animateur indiquait aux enfants dès les premières secondes « asseyez-vous dans le calme. je ne veux plus vous entendre. » « Je ne veux plus vous entendre » dans un atelier consacré à la musique ??? Il allait être grandement déçu. ;-) Je me souviens avec non pas nostalgie mais beaucoup de souffrance des cours de musique que je suivais au collège. A la maison, mes oreilles se familiarisaient avec le son de Kraftwerk, Tangerine Dream et les premiers sons électro de la House. J’écoutais à n’en plus finir les 45 tours de Marrs / Pump up the volume, S-Express, les remixs d’Ofra Haza. Je découvrais les bases, les premiers soubresauts de la musique électronique. J’écoutais aussi beaucoup de musique classique, les Beatles, Jean-Michel Jarre et Vangelis et toute la pop anglaise des années 80. Je rêvais de synthétiseur et je me souviens avec nostalgie de ce jour où j’ai acheté mon premier petit synthétiseur, un Yamaha PSS-100 (il vit encore et a été bidouillé de nombreuses fois…) Tandis qu’à l’école… Bref, à l’école, notre professeur essayait vainement de me sensibiliser à la beauté des vers de Gilles Vigneaux ou à l’apprentissage délicat à la flûte de « Colchique dans les Prés ». Vous voyez le décalage ? Un fossé immense qui a fait dire à mes professeurs successifs que je ne m’intéressais pas à la musique alors que celle-ci représente une grande partie de ma vie. Le décalage était tout aussi grand qu’en informatique où nous travaillions sur des TO7 poussifs à cassettes, attendant pour la plupart d’entre nous d’être à la maison pour travailler sur nos Amstrad CPC 6128, Amiga 500 ou Atari 1040 ST, machines certes datées depuis mais qui dépassaient de loin les capacités des ordinateurs de l’école.

Musique toujours… Récemment deux filles sont restées un peu plus longtemps après un atelier et nous avons discuté musique. Elles m’ont fait découvrir leur univers et leur chanteuse préférée… Mes chastes oreilles intriguées ont découvert le soir-même par l’intermédiaire de Youtube toute la quintessence de Violetta (je vois à travers l’écran des lecteurs – parents qui sourient…). Oui, j’ai été moi-même touché par l’ouragan Violetta. J’ai téléchargé quelques titres, samplé plusieurs sons et rythmiques et le vendredi suivant nous remixions joyeusement Violetta à la sauce Drum&Bass, permettant ainsi d’une part d’aborder la notion de contrôleur, ensuite d’autre part de fabriquer notre propre contrôleur grâce aux cartes Makey Makey. Joie des filles… Et après une certaine réserve des garçons (chanteuse Disney, rose, truc de filles…), ce fut un déluge de questions. Bref, Violetta à la sauce Drum&Bass, ça le fait ! Si au moins j’avais pu faire cela à l’école…

Parmi ce petit groupe, des élèves dits « bruyants »… Ok ! Faire un atelier sur le son leur a permis de canaliser leur énergie en tirant parti de ce qu’ils savent bien faire : du bruit !

Et l’on passe comme cela au fil des jours un temps fou à combattre les clichés, le statu quo… Alors qu’est-ce que je vous souhaite pour 2016 ? De ne pas rentrer dans les moules, de ne pas rentrer dans les cases. Soyez réels, soyez vous-mêmes.

Je terminerai par deux citations, la première venant de David S. Cohen, l’un des principaux scénaristes des Simpson, ex-étudiant scientifique de haut vol, qui s’amuse à truffer les épisodes de nombreuses références mathématiques.

J’aurais vraiment préféré devenir un chercheur de haut vol, mais je crois que les Simpson et Futurama font des mathématiques et de la science un jeu, et peut-être que cela peut influencer une nouvelle génération de gens ; alors quelqu’un d’autre peut par la suite accomplir ce que je n’ai pas accompli. Je peux sans aucun doute me consoler et dormir cette nuit avec de telles pensées. »

La seconde d’un DJ allemand ayant fortement marqué la musique électronique, plus particulièrement techno, DJ Westbam :

La beauté de la réalité, c’est qu’on peut la changer.

Et la bonne nouvelle du jour, c’est que l’inspiration qui était tombée à plat est de retour. Les articles reviennent. A bientôt !