La musique adoucit les moeurs

Photo par thejbird (Flickr)

Depuis que je suis très jeune, j’écoute de la musique dite contemporaine, expérimentale, « ambient », ayant eu la chance de tomber à la médiathèque de ma commune sur des disques en général peu empruntés. Les voies de traverse m’intéressaient déjà… C’était l’époque où tout un chacun connaissait Jean-Michel Jarre mais, derrière lui, se cachaient des compositeurs de génie comme Vangelis, John Cage, Philip Glass, Brian Eno, Steve Reich… Je me souviens d’un spectacle où j’ai pu découvrir Alan Will jouer en direct la bande-son d’un diaporama. Cette musique étrange et ses instruments encore plus étranges m’avaient fasciné. Je n’y connaissais rien à l’époque mais je crois qu’il devait posséder un Minimoog assorti de plusieurs expandeurs qui lui permettaient de créer des sons tout à fait surnaturels. Bref, la claque totale pour un gamin de 8 ans ! Je n’ai jamais réussi par la suite à retrouver sa trace pour le remercier alors si l’un d’entre vous connaît ce monsieur, merci, mille mercis de me donner plus d’infos. Je ne possède de lui qu’une cassette de la bande-son du spectacle.

Tout ça pour vous dire que la musique tient une grande place dans ma vie et qu’une journée sans musique est inconcevable au point que mon cerveau finit par transformer certains sons en musique afin d’avoir sa dose quotidienne. Il y aura d’ailleurs tant à dire à ce sujet. Une thérapie comme une autre… J’écoute des choses assez variées (de la musique classique à l’industriel en passant par le hip-hop, la drum&bass, la techno…) mais mon choix se porte le plus souvent sur mes premiers amours et, bien entendu, je travaille en musique. J’ai pris l’habitude d’installer le matériel des ateliers par exemple en laissant tourner le son de mon téléphone ou de mon ordinateur afin de rester dans une certaine atmosphère. Je coupe quand les enfants arrivent. Mauvaise idée… Ils sont arrivés un peu plus tôt un jour et j’ai laissé mon ordinateur continuer à émettre un mix ambient électronique du dj, si mes souvenirs sont bons, Mixmaster Morris, une légende dans le domaine.

Je connaissais les bienfaits de la musicothérapie, étant par ailleurs un grand utilisateur de sons binauraux, mais je ne pensais pas que cela pourrait agir sur un groupe. J’ai constaté en effet chez les enfants moins d’excitation et une propension à la concentration facilitée. J’ai renouvelé l’expérience par la suite, comparé les séances avec musique et sans musique et « l’échantillon étudié » s’est transformé en preuve de concept. Chaque fois que je le peux désormais, je mets de la musique. Pas forcément à plein volume mais de manière subtile. Avec les enfants, c’est plus facile qu’avec les ados qui seraient bien tentés par quelque chose de plus rap mais au parlé nettement plus agressif. J’adore le rap, le hiphop mais je ne me sens pas plus d’affection que cela avec une partie de la production qui reste peu imaginative et se contente de refléter et raconter les travers de la société. Je préfère des Djs comme Vadim ou Shadow qui laissent une part au rêve.

Quelques exemples de ce que j’ai pu faire écouter aux enfants et qui pourront peut-être vous inspirer (faites défiler la page car un bug d’affichage espace un peu trop les contenus) :

Enfin, une production personnelle lors d’une « sieste électronique » :

Bonne écoute !

Écologie : ma journée sans paille (et sans couverts et sans gobelets)

C’est joli, une paille. C’est plus ou moins utile. Plus qu’éphémère mais surtout cela contribue massivement à la pollution plastique. Le 3 février avait lieu la journée sans paille organisée par l’association Bas les Pailles. Objectif : sensibiliser à ce gaspillage et viser par la suite à l’interdiction pure et simple des pailles en plastique dans un futur proche.

Comme l’explique bien l’association : « les pailles finissent sur les plages et dans les océans, le plastique se morcelle et les animaux marins/oiseaux les confondent avec de la nourriture. Et tout cela nous revient évidemment: ingéré par les animaux, ce plastique se retrouve la plupart du temps… dans nos assiettes. »

Si vous ne pouvez vous en passer, il existe des versions biodégradables en carton mais il est aussi possible d’en acheter ou d’en fabriquer des non-jetables en impression 3D. Thingiverse regorge de projets tous plus originaux de la simple paille à celle en forme de gobelet en passant par la paille en spirale ou le gobelet à paille intégrée. Ce n’est pas le manque d’imagination qui vous posera problème.

Il est possible d’aller même encore plus loin si, comme moi, vous avez l’habitude de déjeuner à droite et à gauche en fonction de vos déplacements :

  • oublier les plats tout faits pour des plats maisons lorsqu’un micro-ondes est à disposition (tupperwares réutilisables contre les emballages jetables des plats préparés, plaisir de cuisiner, économie d’argent…),
  • se munir de couverts de camping (par exemple, Couverts « bouchons de stylo » ou Couverts de camping) plutôt que d’utiliser des jetables,
  • se munir d’un gobelet réutilisable ; je me balade fièrement avec mon gobelet Muséomix qui pourra me servir des centaines, voire des milliers de fois,
  • préférer une jolie gourde à une classique bouteille en plastique,
  • enfin, lorsque vous n’avez pas d’autre choix qu’un snack, refuser la montagne de serviettes ou les conserver pour un usage ultérieur.

Tout cela ne vous coûtera que quelques grammes de plus dans le sac. Cela en vaut la peine ! 😉 Et la fabrication de ces différents objets peut permettre l’organisation d’un bel atelier avec les enfants.

MacGyver est de retour ou la mort d’un mythe

J’ai décidé de commencer l’année par une expérience scientifique : regarder la nouvelle série MacGyver sur M6. C’est quand même le pape de la bidouille et je me devais d’y jeter un œil malgré mon scepticisme. La bande-annonce m’avait en effet laissé un léger goût de « what the fuck »…

Certes nous avons l’habitude des clichés en tous genres dans les séries, en particulier sur le plan informatique. Entre les écrans bleus Windows censés être des virus dévastateurs, les effets à la Matrix, les vitesses de frappe hallucinantes des protagonistes et le jargon balancé à tout-va sans que le moindre scénariste se soit posé la question du sens, nous avons de quoi faire. La palme revenait à Scorpions où la crédibilité n’était jamais venue à l’esprit des créateurs, sans oublier l’experte informatique d’Esprits criminels qui, lorsqu’elle était « méchante hackeuse » se grimait tout en noir façon gothique puis se pare de tenues colorées et de fleurs dans les cheveux lorsqu’elle devient « gentille hackeuse ». Et le grand Schtroumpf pendant ce temps a hacké le pare-feu de Gargamel… Certes il y a Mr Robot mais je n’ai pas réussi à accrocher.

Qu’en est-il donc de notre MacGyver préféré ? Richard Dean Anderson ne se retourne heureusement pas dans sa tombe mais il doit avoir des nuits sans sommeil…

Son double est un génie sorti du MIT mais qui a quand même fait l’Irak, histoire de mettre une petite couche patriotico-militaire propre à une bonne part des séries américaines. Chacun de ses bricolages est mis en scène d’une façon qui ne déplairait pas à certains youtubeurs. Tout y est décrit avec force zooms au cas où l’on raterait un détail. J’attends avec impatience la scène où MacGyver, en mission en Belgique, se tapera un bicky burger et où l’on verra les mentions « frites », « sodium » lorsque qu’il salera celles-ci avec un effet digne de Matrix. Sans oublier la voix off façon « je t’explique la vie »…

MacGyver était non violent et pacifiste à l’extrême. J’avoue qu’il m’avait étonné dans un épisode où, se faisant canarder comme il n’est pas permis, il avait consciencieusement démonté un pistolet mitrailleur en parfait état de marche pour s’en servir comme d’une clé et dévisser au péril de sa vie une lance à incendie qui, bien entendu, envoya voler l’adversaire quelques mètres plus loin sous la pression de l’eau. Dans la nouvelle version, oubliez… Si les coups de feu étaient rares dans la plupart des épisodes et jamais de la part de MacGyver, vous aurez cette fois votre lot de tirs, d’explosions et de cascades. Ce qui me permet d’aborder la question du scénario : ceux de MacGyver étaient variés ; les nouveaux ne sont qu’une longue course contre la montre accentuée par la traditionnelle musique anxiogène.

L’honneur est cependant sauf car MacGyver ne tire jamais. Il a pour cela une espèce de gros bras, tout droit sorti des experts, figure classique du neuneu, épargné par les neurones, non pas terre à terre mais carrément enfoncé dans la terre, propre à bon nombre de séries. Cf Bones par exemple.

Pour parfaire le panel et ajouter une note humoristique, il ne manquait qu’un second neuneu, celui qui fait des blagues dont même Carambar ne voudrait pas. N’oublions pas la hackeuse de service, forcément ex-délinquante « méchante hackeuse » passée du côté du bien, qui force l’admiration vu le peu de secondes qui lui sont nécessaires pour effectuer des hacks dont je peine à comprendre l’intitulé. Je pense que les auteurs et traducteurs ont du piocher au hasard dans le dictionnaire.

Enfin, Pete Thornton, quant à lui, est devenu Patricia Thornton et a troqué son côté affable pour une personnalité froide et experte en tout.

On pourrait avec beaucoup d’efforts (et d’hallucinogènes) passer à côté de tout cela mais surtout, surtout, comme diraient mes petits collégiens, MacGyver, il se la pète grave… Rien avoir avec le héros de mon adolescence.

Bref, bidouilleurs, bidouilleuses de tous poils, passez votre chemin…