J’avoue, je suis un grand fan d’humour geek, en particulier des PEBKAC. Pebkac ??? Problem exists between keyboard and computer, en français dans le texte : le problème, c’est l’utilisateur et non pas la machine. On y recense tous les problèmes utilisateurs, les connaissances approximatives et les situations loufoques dues à la méconnaissance de l’utilisateur. L’équivalent de Vie de Merde mais en version informatique.

Récemment, un PEBKAC racontait ceci :

Une de mes collègues ayant eu un stagiaire de classe de troisième la semaine passée, elle me raconte qu’elle lui a dit être satisfaite de lui, mais qu’elle aurait aimé qu’il prenne des notes. Le stagiaire lui a répondu alors qu’il faisait ça le soir, et qu’il les mettait sur Internet. Il les mettait sur Facebook. PEBKAC.

Que reproche-t-on dans ce PEBKAC ? Principalement l’utilisation de Facebook qui n’apparaît pas comme le meilleur outil pour prendre des notes.

S’ensuivent dans les commentaires quelques remarques supplémentaires. Par exemple, le fait de mettre des informations propres à l’entreprise sur Internet sans contrôle de cette dernière mais on parle ici d’un élève de 3éme et je doute fort qu’on lui confie des informations sulfureuses.

Quel autre reproche alors ? Prendre ses notes le soir ? Effectivement la méthode est un peu déconcertante mais peut parfois permettre d’apporter une certaine synthèse plutôt que trop d’informations prise sur le vif.

Ce qui me paraît important dans ce PEBKAC, c’est surtout cette utilisation inhabituelle de Facebook. Si, comme je le pense, l’élève a placé ses notes sous forme de statuts, cela signifie donc qu’elles sont devenues publiques et ont été partagées, ce qui est extrêmement important. On peut critiquer les réseaux sociaux et plus particulièrement Facebook mais force est de constater qu’ils ont permis de replacer le partage d’informations dans un contexte général et d’en faire pour la plupart des utilisateurs un réflexe naturel, bien que proche de la recommandation. J’en veux pour autre exemple et preuve ce témoignage – que j’ai déjà rencontré chez mes étudiants – publié par Delphine Regnard sur son blog et dont je me permets de retirer l’extrait le plus marquant. A méditer !

2. Des élèves qui publient sans l’aide de leur(s) professeur(s).

Dans le cadre d’une convention signée entre Sciences Po et le lycée, les élèves de Tle qui le souhaitent peuvent tenter, dans un premier temps, un oral d’admissibilité qui se fonde sur une revue de presse personnelle. Le groupe des élèves que nous suivons pour leur préparation à Sciences Po a créé un “groupe” sur Facebook dont le titre est “Solidarité is here”. Ils échangent à la fois des liens et des informations, et aiment à débattre de sujets d’actualité. La lecture de leurs “commentaires” se révèle passionnante car on est bien loin de l’image qu’on a souvent des “groupes de jeunes “sur Facebook, image réductrice s’il en est : il s’agit bien là d’un groupe qui collabore et qui s’est mis d’accord sur les usages que chacun doit observer (une discussion a porté sur la possibilité d’inclure ou pas d’autres élèves extérieurs au lycée). C’est ainsi une excellente occasion de constater à quel point la pratique dans les murs du lycée gagnerait à utiliser ce genre d’outils, qui se doivent, également, d’être le plus performants possible. Si Facebook est utilisé au détriment de l’ENT Lilie, c’est uniquement parce qu’il se révèle bien plus pratique pour un certain nombre de raisons, notamment celle de son efficacité. Voilà qui donne matière à réflexion dans le cadre de l’Éducation aux Médias.

Enfin, plusieurs élèves utilisent un compte Twitter qu’ils se sont créé par eux-mêmes pour pouvoir trouver des articles intéressants sur leur sujet de revue de presse et profiter des ressources trouvées par les professeurs qui utilisent avec eux leur propre compte Twitter. L’éducation aux médias, ce n’est pas l’école qui l’impose et les élèves qui s’y plient : c’est bien les élèves qui poussent la réflexion pédagogique des nouveaux outils qu’ils sont amenés à utiliser et qui poussent les adultes que nous sommes à l’être un peu moins, adultes (“arrivés au terme” étymologiquement) ; leurs professeurs ont un rôle de pédagogues,qui poussent et accompagnent. Ce sont donc les élèves qui éduquent leurs professeurs, comme l’enfant apprend à ses parents à l’être.

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