Étiquettes

,

La pédagogie inversée fait en ce moment le buzz. J’ai trouvé de nombreuses explications, définitions, très diverses mais surtout une excellente synthèse réalisée par Annick Arsenault Carter. Schématisons très rapidement la démarche :

A savoir, présenter un certain nombre de documents, de ressources avant le cours et baser ce dernier sur des activités, des questionnements, issus ou générés par les ressources. Les notions sont donc abordées hors classe et développées et utilisées en cours.

Cette façon de fonctionner m’intéresse beaucoup mais pose un certain nombre de questions.

Si je vois bien son utilisation dans le cadre d’un cours plutôt technique avec des étudiants, j’ai encore du mal à l’appréhender pour un cours concernant des généralités sur un sujet. Je pense ainsi à mon fameux cours sur l’Histoire du Livre. J’avoue ne pas savoir par quel bout le prendre car les ressources sont en général plutôt montrées en cours, afin de le rendre plus attrayant et interactif.

La solution réside peut-être dans le fait d’intégrer le travail d’examen, le plus souvent un dossier ou un exposé, dans le cadre du cours. Mais ce n’est pas si simple et je ne suis pas le seul à me poser la question. La réflexion en fait que commencer et j’espère apporter quelques pistes par la suite.

Posons cependant quelques règles. Ainsi le travail d’information des étudiants ne doit pas dépasser une certaine dose, d’où l’obligation pour l’enseignant de ne pas avoir la main trop lourde en ce qui concerne les documents (texte, audio, vidéo…) à consulter. On a très souvent tendance à oublier (surtout en fin d’année avec la tradition des dossiers) que les étudiants ne suivent pas qu’un seul cours : multipliez une petite demi-heure de consultation de ressources, à laquelle il faut ajouter un temps de réflexion, par 3 ou 4 et vous comprendrez toute la difficulté.

Limiter le temps de consultation demande aussi un travail de l’enseignant et l’apprentissage de certaines techniques. Il va falloir parfois créer les ressources, les « remixer », les retravailler car il ne s’agit pas de les envoyer systématiquement vers une page Wikipédia ou deux et quelques vidéos sur Youtube. Cela signifie donc acquérir un certain nombre de compétences afin de pouvoir présenter un panel de ressources adéquat. On peut ainsi imaginer devoir séquencer une vidéo  d’une conférence de 50 minutes pour n’en garder que les moments-clés.

Reste à trouver les fameuses ressources. Avec internet, cela ne devrait pas poser trop de problèmes. Mais il va falloir chercher, sélectionner les ressources, les évaluer et trouver la méthode la plus efficace pour les présenter. Je reviendrai plus tard sur un outil que j’utilise abondamment pour les cours, Storify. http://storify.com/ En fonction des sujets, la pêche est plus ou moins abodante, sérieuse et, une fois encore, cela suppose que l’enseignant ou le formateur ait de solides bases sur le domaine abordé par le cours mais aussi sur la méthode de recherche web.

Il faut encore que les étudiants jouent le jeu. Je ne serai pas pessimiste sur cette question mais il se peut que la préparation ne soit pas à la hauteur de nos espoirs et que tout le cours s’en trouve perturbé. Je pense qu’il peut être nécessaire d’opérer une sorte de « mix » et de ne pas tabler sur des notions déjà intégrées. Le cours doit pouvoir ouvrir la discussion, mettre en pratique les notions, voire apporter des compléments d’information.

Au fur et à mesure de mon écriture, j’envisage une version mitigée, à mi-chemin entre la pédagogie inversée et le cours classique, à savoir un ensemble de ressources préséntées avant le cours et permettant d’aborder les notions principales, une sorte d’introduction, puis en cours un approfondissement en repartant de ces mêmes ressources. Je me souviens ainsi d’un cours où pour une simple démonstration j’avais présenté une vidéo sur Youtube, puis le cours s’était totalement improvisé au fil des vidéos suggérées par le site. Cela avait renforcé l’interactivité et j’avais fortement apprécié cette séance. On pourrait donc envisager d’appliquer cette sorte de pédagogie semi-inversée en classe. Test dès la rentrée…