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Un ancien post de blog suggérait aux personnes en situation de chômage de se tourner vers le logiciel libre et de participer à divers projets. Cela avait un triple avantage :

  • développement ou approfondissement de compétences,
  • apport de ressources ou de logiciels à la communauté du libre,
  • sentiment d’utilité, d’appartenance à une communauté, à un projet.

[Concernant le post, je ne parle pas de celui de Tristan Nitot, d’ailleurs retiré depuis, qui avait un peu fait polémique à l’époque, bien que je rejoigne en partie ses idées. Il s’agit d’un post plus ancien mais dont seule ma mémoire retrouve une maigre trace, pas mon historique de navigation, ni mes archives…]

Rappelons que le monde du logiciel libre ne demande pas que des connaissances en informatique. Il existe de nombreux projets où des compétences diverses peuvent être apportées et la plupart des logiciels manquent par exemple de traductions, de manuels de qualité, voire simplement de béta-testeurs.

Mais la question du jour ne porte pas sur le chômage. En effet, il me paraît intéressant d’impliquer la classe dans des projets liés aux logiciels libres. Je ne m’étendrai pas sur l’étendue de la variété des projets possibles mais au travers d’un biais, qui me semble l’un des plus intéressants et de surcrcoit pluri-diciplinaire.

En effet, la plupart des créations numériques faites par les élèves en classe ont, soyons honnêtes, un auditoire restreint, alors plutôt que de faire faire aux élèves des créations, des projets qui bien souvent ne sont vues que par leurs camarades et / ou leurs parents, pourquoi ne pas les intégrer dans un projet plus vaste, dans la communauté du logiciel libre, en sus dans un domaine qu’affectionnent particulièrement les enfants et les ados (et même les plus grands) : le jeu vidéo ?


La plupart des jeux possédent un éditeur de niveaux, qui permet de les enrichir et d’en faire profiter la communauté. Créer des niveaux ou une quête supplémentaires, quel que soit le jeu, ainsi Supertux, Lbreakout ou Battle for Wesnoth, demande un certain niveau de réflexion et peut constituer un exercice très intéressant de la conception jusqu’aux tests et apporte à mon sens plusieurs avantages :

  • univers des jeux vidéos donc intérêt des élèves,
  • durant la conception, important travail de réflexion et d’imagination pour créer des niveaux attrayants, jouables et à la difficulté bien dosée, ce qui demande d’imaginer les différentes stratégies possibles utilisées par le joueur,
  • sentiment de faire quelques chose d’utile pour eux mais aussi pour la communauté,
  • ouverture de la classe au monde extérieur,
  • valorisation importante du travail des élèves,
  • apprentissage de la gestion de projet et d’équipe.

Mais aussi de nombreuses compétences utilisées en fonction du jeu choisi.

Prenons un cas concret, par exemple Battle for Wesnoth, à mon avis l’une des plus belles réalisations du monde libre en terme de jeu de stratégie, graphiquement très attrayant, captivant et … chronophage.

La création d’une quête dans Battle of Wesnoth demande plusieurs éléments, à savoir une histoire ou scénario, un certain nombre de cartes, des éléments graphiques et sonores.

Le scénario peut reposer sur un événement historique réel et donc être intégré dans un projet commun avec l’enseignement en Histoire. Le récit doit être rédigé dans un bon français et va faire appel à des compétences en rédaction et en orthographe tout en faisant travailler l’imagination des élèves, qui vont devoir conceptualiser un certain nombre d’actions au travers, pourquoi pas, de méthodes de storytelling.

Soyons fous : sortons du cadre franco-français en impliquant les enseignants de langues pour proposer des versions alternatives en anglais, allemand ou espagnol. Soyons encore plus fous et imaginons que les sorciers de notre guilde s’expriment en latin, tout au moins au niveau de leurs formules magiques ou de la dénomination de leurs pouvoirs.

Battle of Wesnoth fournit des graphismes de base et un environnement sonore mais on peut très bien envisager de proposer un autre univers, qui sera cependant soumis à l’acception de la communauté du jeu. Néanmoins cela permet d’impliquer les enseignants de musique et d’arts plastiques et apprend aux élèves la création d’un cahier des charges, le respect d’une charte graphique, l’utilisation d’outils de dessin numérique et de musique assistée par ordinateur.

Enfin, tous ces éléments se coordonnent grâce à un langage basé sur le XML et faisant intervenir une grande logique, logique qui peut tout autant être exploitée en mathématiques ou en français.

Reste le plaisir de jouer et faire jouer au travers des tests, mais aussi et surtout de la valorisation finale du travail des élèves lorsque leurs niveaux, lerus quêtes seront intégrés au sein du jeu visé.

C’est un projet que pour ma part je pourrai difficilement mettre en place [quoique…] et je suis curieux des initiatives possibles. Si vous êtes partants, faites m’en part. Merci !