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Journée du Libre - association ALIS

Journée du Libre – association ALIS (c) ALIS

Le principal reproche fait aux RMLL est que, malgré leur nom, le fait est qu’il faut bien avouer qu’elles sont pour l’instant touf sauf mondiales et qu’il faudrait plutôt parler de RFLL, Rencontres Francophones du Logiciel Libre. RMLL est déjà difficile à prononcer, RFLL encore pire, restons-en donc là… Mais…

Nous sommes en tous cas nombreux à avoir salué la tenue des RMLL cette année en Suisse, certes en territoire francophone, mais tout au moins à l’étranger.

La conférence de Mustapha Nhaily de l’association ALIS (Association Linux Et Informatique Souss), « Le libre en Afrique, vers une action commune » évoquait cette année aux RMLL la tenue des RALL ou Rencontres Africaines du Logiciel Libre et posait la question de savoir comment celles-ci devaient être organisées, par exemple indépendamment ou en conjonction avec les RMLL. Après y avoir réfléchi quelque peu, je me demande s’il ne s’agit pas d’inverser la question. En effet, les RALL, nées en 2004 à Ouagadougou (Burkina Faso) à l’initiative de l’AAUL (Association africaine des Utilisateurs de Logiciels Libres) et de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, suivies d’une édition en 2005 à Libreville (Gabon) puis d’une autre à Rabat (Maroc) en 2007, ont depuis lors cessé d’exister.

Le terreau africain est largement porteur d’espérance, comme le soulignait Mustapha Nhaily, de par un potentiel humain important, une véritable soif de nouvelles technologies, et de nombreuses initiatives et accords avec les gouvernements notamment dans le domaine de l’éducation au travers d’une cinquantaine d’associations véritablement actives.

Néanmoins nombre d’acteurs associatifs des RALL ont depuis lors disparu et le manque de visibilité, d’information autour de ces événements reste criant. De même, peu de lois régissent actuellement le secteur.

Le logiciel libre dans le Monde

Le logiciel libre dans le Monde (c) ALIS

La question que posait alors Mustapha est simple : comment relancer cet esprit, cette intiative des RALL ? Une première hypothèse était soulevée : l’Afrique ne dispose pas encore de l’infrastructure nécessaire pour développer des événements tels que les RMLL mais il pourrait être intéressant de relancer le concept de RMLL décentralisées, comme cela avait lieu en 2011 sur l’île de la Réunion.

Personnellement je n’aime pas trop le concept de RMLL décentralisées. Force est de constater qu’elles restent décentralisées et que dans l’esprit de tous ce ne sont pas les véritables RMLL. Les RMLL décentralisées restent un événement à part, qui donne simplement une caution mondiale. Je ne nie pas leur intérêt mais je regrette qu’elles ne soient pas simplement les RMLL et qu’elles n’aient pas eu véritablement l’écho qu’elles méritaient… Des RALL doivent-elles donc véritablement exister ? N’est-ce pas plutôt aux RMLL de se déplacer et de devenir véritablement mondiales ?

Alors, soyons fous et inversons le problème. Est-ce qu’organiser des RMLL en Afrique et non des RMLL décentralisées serait faire le constat d’un manque d’infrastructures et donc de difficultés inhérentes ou bien plutôt un coup de pouce permettant d’installer ces mêmes infrastructures ? Par exemple, la tenue des Jeux Olympiques à Londres cette année a été l’occasion pour la région Nord-Pas-de-Calais de multiplier et développer les structures pouvant accueillir les athlètes. Certes, les moyens ne sont pas les mêmes, mais le cas similaire et il y a là à mon humble avis une carte à jouer.

Peut-on aussi imaginer ne plus participer aux RMLL comme maintenant, c’est-à-dire simplement au travers de stands et de conférences ? On pourrait lancer une sorte de charte RMLL, un partenariat pas nécessairement obligatoire qui pourrait se faire entre les organisations participantes et les associations et institutions locales qui permettrait d’aider, d’améliorer les situations locales et de procéder à un véritable échange, partage de connaissances. Les partenariats pourraient se nouer sur place afin d’éviter toute tentative au préalable d’instrumentaliser les RMLL pour en tirer un quelconque bénéfice. Il me paraît important qu’au fil du temps les RMLL ne restent plus qu’un passage mais bel et bien une mise en relation avec le territoire d’accueil, quel qu’il soit. L’impact de notre événement annuel n’en serait à mon sens que renforcé.