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2013-09-16 16.33.37

La réforme des rythmes scolaires est désormais en place, les ateliers ont lieu un partout en France et déjà se font entendre les premiers couacs…

« Ah non, tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ??!! »

« Non, mais c’est ce que je lis un peu partout et moi aussi j’en rencontre alors… »

J’en rencontre certes mais ce serait oublier deux choses, à savoir que d’une part nous sommes capables de nous adapter et que d’autre part il se passe aussi des moments extrêmement sympathiques.

Alors, thérapie de groupe, répétons tous ensemble :

On essuie les plâtres !

Allez, encore une fois :

On essuie les plâtres !

Et ça fait juste une semaine que l’on a commencé. Comment un tel dispositif pourrait-il ne pas rencontrer de couacs ?

Mes après-midi se passent donc en ateliers informatique et électronique, principalement autour de deux techniques et matériels, le toy bending et les cartes Makey Makey. Le toy bending ? On prend un jouet électronique qui fait du son (vous savez, ces jouets fabuleux qu’on offre toujours aux enfants des amis mais jamais aux siens…). On le modifie en ajoutant quelques câbles et on obtient des sonorités et des fonctions nouvelles. Les cartes Makey Makey quant à elles sont des cartes électroniques permettant de transformer tout objet en interface numérique. Démonstration de ces deux techniques en vidéo, ce sera plus parlant.

Toy bending

Makey Makey

Et force est de constater que ces activités intéressent fortement les … filles. Ce sont en effet elles qui sont, pour les groupes que je rencontre, les plus volontaires, les plus patientes et les plus concentrées. C’est un plaisir que de travailler avec elles. Le bon vieux cliché de l’électronique et l’informatique comme un truc de garçons est en train d’en prendre un sacré coup et c’est une excellente nouvelle.

Reste à adapter la méthode en fonction de l’avancement des ateliers, des désirs des enfants et de leurs créations. Il serait vain de vouloir appliquer un programme précis. J’ai une idée nette de ce que je veux leur apprendre mais je ne sais pas véritablement comment je vais leur apprendre. Petits jeux, expériences, histoires… Tout se fait en fonction de l’ambiance, de leur degré d’attention et de leurs idées. Il ne faudrait pas oublier que c’est un temps périscolaire et non un temps de classe. Il n’y a pas de note, juste des enfants à motiver. C’est plus ou moins facile, parfois très dur, parfois démotivant.

Mais les petits moments de bonheur sont là.

Voir une gamine de CE2 émerveillée contempler son prénom projeté au plafond et dont les couleurs se modifient chaque fois qu’elle touche un des boutons de la carte…

Répondre aux questions d’une bande de collégiens en attendant que le groupe des primaires arrive et se dire en les voyant qu’on avait oublié combien ils étaient petits à cet âge-là.

Contempler les sourires sur les visages quand tout d’un coup ça marche.

Et même un peu de magie… J’ai récupéré des bombes un jour, des gamins énervés, instables, intenables, brisant une partie du matériel, jetant à terre les vis des instruments que nous démontions, gâchant l’atelier des plus motivés. J’avais le moral pas bien haut tandis qu’à la fin je commençais à ranger mon matériel. Quand je me suis retourné, il restait trois enfants, deux filles et un garçon qui remontaient consciencieusement les jouets électroniques, rangeaient les câbles, ramassaient les vis et les mettaient dans leurs boîtes, tandis que l’animateur (courageux et professionnel) qui m’accompagnait était dans la pièce à coté avec le groupe des instables. L’atelier a duré quelques minutes de plus avec ces trois enfants. On a pu échanger ensemble sur leurs envies, sur leur intérêt pour l’activité et ces quelques minutes ont complètement sauvé l’atelier.

Alors certes je regrette deux-trois petites choses : que les ateliers soient si courts (3/4h environ), que les groupes soient trop importants (14 en électronique, on oublie alors la soudure car trop dangereux avec autant d’enfants), qu’il y ait eu peu d’échanges entre les différentes structures. Mais rappelons-le une dernière fois : on essuie les plâtres et je me rends compte autour de moi que chacun fait de son mieux pour que cela se passe bien.

C’est vrai que que ce n’est pas toujours facile, mais, au final, quel plaisir que de pouvoir partager nos passions !