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Tous à poil

Je pensais que cela allait vite se dégonfler mais, non, la plaisanterie a pris et bien pris. On ne devrait jamais manier l’ironie à la perfection sans prévenir. Voila le résultat : des livres font scandale. Quoique, devant l’ampleur du phénomène, je commence moi aussi à douter et je songe avec soulagement à tout ce à quoi j’ai échappé comme immoralité. Parce que, voyez-vous, de mon temps… Mais les jeunes d’aujourdhui… On avait du respect… Blah blah… Blah blah… Blah blah…

Mais soyons honnêtes, bibliothèque bien moralisée commence par soi-même, et, grand fan de bandes-dessinées, je me suis plongé dans ma collection pour y faire un peu de tri.

Les Schtroumphs : que des mecs qui vivent en communauté selon des règles communautaires sous la férule d’un vieux barbu, une seule femme. Pas très clair tout ça…

Spirou et Fantasio : deux mecs qui vivent ensemble… Passons…

Ric Hochet : depuis le temps qu’il fréquente Nadine, la nièce du commissaire Bourdon, pas de fiançailles, pas de mariage…

Snoopy : ne fiche rien de ses journées.

Quick et Flupke : passent leur temps à faire des bêtises… pourraient en inspirer des plus faibles psychologiquement… Sans commentaires.

Les Tuniques Bleues : entre l’un qui est toujours prêt à déserter le combat et l’autre qui tourne en ridicule la grandeur de l’armée…

Mafalda : contestataire.

Lucky Luke : on ne sait pas de quoi il vit. Ca cache quelque chose.

Astérix : deux célibataires qui vivent ensemble… L’impression de déjà vu. Le plus petit a même refusé une situation honnête avec une enseignante. Louche, très louche !

Johan et Pirlouit : au service d’un roi, pas très futé mais qui prend des décisions quand même. Pas très démocratique tout cela.

Scoobydoo : croit au surnaturel. Empiète sur le terrain de la police.

Gaston Lagaffe : fainéant et surtout contagieux.

Sylvain et Sylvette : associaux…

Les 4 as : mettent en avant certains péchés comme la gourmandise, la vanité…

Bob et Bobette : ont des aventures qui semblent tout droit sorties d’un trip sous LSD…

Tintin : trois célibataires qui vivent ensemble. Tirent leurs revenus pour le premier d’inventions farfelues, le second des actes délictueux de son ancêtre. Quant au troisième, semble vivre aux crochets des deux premiers, tant les rares voyages qu’il fait en tant que journaliste dans les derniers albums relèvent plus du loisir ou de l’emploi fictif que d’une réelle fonction. Ajoutons que le second a accueilli des Roms sur son terrain et les a accusés en sus d’être innocents. Oui, j’ai bien écrit « innocents ».

Mickey et compagnie : situation de famille difficile, fréquente Minnie depuis de nombreuses années sans jamais lui faire de proposition honnête, a eu quelques écarts de conduite. Ne parlons même pas de son comparse Donald qui vit aux crochets de son oncle et fait justice lui-même sous le nom ridicule de Fantomiald.

Je regarde mes étagères désespérément vides et, en m’attaquant à un autre pan, celui des livres, constate avec effroi que ma vocation première d’historien médiéviste vient de la lecture des aventures d’Uylenspiegel, un sombre individu qui ne fait que des bêtises… Damné, je suis damné…

Je ne me lancerai même pas sur les contes. D’autres l’ont fait avant moi. Je constate simplement que l’on a mis à l’honneur auprès de tant d’enfants l’histoire de la Belle au Bois Dormant qui, soyons clairs, n’est rien d’autre qu’une cruche, qui pour n’avoir pas lu le manuel d’utilisation du rouet s’est piqué le doigt avec les conséquences que l’on connaît. Il suffit de regarder le film de Walt Disney. « Tu crois que ça pique si je me mets mon doigt là ? – Je ne sais pas. Essaye. – Ah oui, ça pique ! » RTFM… Qu’elle se pique, passons. Mais que tout le monde s’endorme avec elle ! Pendant ces cent années, les autres royaumes n’ont pas attendu. Résultat : retard technologique, scientifique et culturel profond ; incapacité à rattraper ce même retard ; chômage, plans sociaux, pauvreté…

On peut en faire des dégâts quand on s’attarde sur des peccadilles, plutôt que de se concentrer sur les vrais problèmes, n’est-ce-pas ?

Mais cessons de plaisanter. Il y a des sujets plus sérieux. Ah, vous ne plaisantiez pas quand vous critiquiez le … ? Ah… J’ai cru, pardon…