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Je m’étais déjà largement exprimé à ce sujet auparavant mais une récente discussion me donne l’occasion d’en remettre une couche.

Piratebox or not Piratebox ? Ou plutôt, même si je respecte le concept, comment j’ai beaucoup de mal à accrocher au phénomène de la Bibliobox…

Le terme « pirate » fait certes peur mais le vocabulaire ne doit pas être otage de ce qu’on veut lui faire dire, comme on peut le voir avec « hacker » utilisé la plupart du temps à contresens par les médias. A ce sujet, je vous recommande en cette période estivale la lecture d’à l’abordage, une bande-dessinée d’Anders Bengston sous licence libre expliquant de manière très didactique et avec beaucoup d’humour l’histoire du droit d’auteur, du « piratage » et des licences libres.

Une piratebox, ça demande bien sur un peu plus de travail, de la médiation culturelle d’ailleurs, car il y a besoin d’une certaine supervision et d’un contrôle pour vérifier que les contenus partagés respectent bien les règles. Mais cela n’en vaut-il pas la chandelle ? Car le maître mot de la Piratebox au-delà du terme « pirate » est le partage.

Préférer le principe de la Piratebox à celui de la Bibliobox – peu importe le nom que vous lui donnez ensuite – a à mon sens trois avantages notables. D’une part, on provoque l’échange et le dialogue avec le public pour expliquer le fonctionnement, les règles, la philosophie. Cela ne se résume pas à un simple message type « connectez-vous et servez-vous » qui s’apparente plus à de la consommation qu’à autre chose. D’autre part, le partage est horizontal et non vertical. Il ne s’agit pas d’un groupe restreint qui choisit les contenus culturels pouvant être partagés mais bel et bien d’un échange global même s’il faut une nécessaire impulsion. En cela, le modèle prôné par la Bibliobox se rapproche pour moi beaucoup plus de celui de la télévision et non d’internet. Enfin, c’est une occasion importante pour le public de créer et de participer. « Vos contenus, vos créations, pourvu qu’ils respectent les règles du droit d’auteur, sont les bienvenus… » La porte est ouverte et peut amener du public à se valoriser. Ce serait dommage de passer à coté de cette opportunité.

C’est cela à mon sens le plus important lorsqu’on entame une démarche visant à intégrer dans son environnement une Piratebox : ne jamais oublier qu’il s’agit de partage, d’une philosophie qui n’emprunte pas au top-down mais bel et bien à un réseau horizontal, à une hiérarchie zéro. Pour faire moins peur, on pourrait peut-être parler de Partagebox ou de Sharebox. Cela permettrait peut-être de convaincre plus facilement et plus efficacement sans renier la philosophie de base.

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