Riot Girl

Appelons-là M. Du son de sa voix, je n’ai entendu que des marmonnements « ça me saoule », « là ça me gave grave », « j’en ai marre »… M ne daigne même pas répondre aux questions que l’on lui pose. Pourtant le cours était bien loin de suivre la voie classique. Les élèves étaient pleinement acteurs et poussés à la réflexion et à la créativité. Un cours comme on aurait aimé en connaître plus souvent. A l’entendre, on se dit que l’on va avoir du mal avec elle et que, vu son très jeune âge, si elle commence comme ça, elle est mal barrée.

Si je me plonge 28 ans en arrière, lorsque j’avais son âge, le constat aurait été simple. M était une mauvaise élève. Point barre. On aurait même pu la qualifier de paresseuse et il était évident que l’on ne tirerait rien de M. Son look déjà affirmé l’aurait même mis au ban de l’école et non sur les bancs. Cette fois, on s’ingénie non pas à se demander ce que l’on va faire de M, en la traitant comme un poids mort, mais bel et bien comment on va accrocher M.

Premier cours de code, chaque élève se concentrant sur sa fiche et voila M, sérieuse, appliquée. Aucune protestation, aucun marmonnement. Juste une question à la fin : « dis, je peux la garder la fiche ? Je vais continuer ce midi en salle informatique. » Je lui ai donné une fiche, elle m’a donné le sourire.