adult words

Parfois mes oreilles saignent et je relève le nez de ce que je suis en train de faire pour lancer un vibrant « Vocabulaire ! » auquel une voix répond le plus souvent « Oui, pardon. ». « Ta g… » et autres insultes sont chez quelques-uns le lot courant et ce n’est pas du meilleur goût. On s’inspire du capitaine Haddock, on va chercher des insultes issues du temps jadis pour remplacer de vils mots condamnables. Parfois ça marche, parfois le naturel revient au galop. Surtout quand on se tape sur les doigts… Il en faut pourtant du temps pour user au quotidien de « flûte, zut, mince ou diantre » plutôt que d’autres termes. Et moi-même je succombe au fruit défendu, notamment lors d’un récent atelier en me prenant les pieds dans une chaise et me ramassant comme un malpropre.   😉

Le plus dramatique, c’est avec les plus jeunes, les très très jeunes, ceux dont vous ne vous souveniez pas qu’ils pouvaient être si petits, par exemple les 4 à 6 ans. Heureusement ils sont encore un peu naïfs et j’use d’une petite astuce qui fonctionne plutôt bien (et qui n’est pas de moi, je l’avoue, mais je ne me souviens plus de qui je la tiens). Si j’entends un mot incongru, je gronde légèrement en leur indiquant que je connais le plus gros mot de la terre (et même de l’univers, l’infini et au-delà). Il n’en faut pas beaucoup plus pour attiser leur curiosité. Il ne reste plus qu’à les faire mariner un petit moment, leur dire qu’on n’a pas le droit de leur en parler puis, devant l’insistance, lâcher le morceau mais en leur demandant d’être prudent. Ce mot n’est autre que « saperlipopette ». Et comme l’interdit attire toujours, c’est avec un large sourire que je savoure mon escroquerie en les entendant répéter à qui mieux mieux « saperlipopette »… A bon entendeur !