22 décembre 2017.

Hier je t’ai affirmé avec aplomb que le père Noël existe. Tu l’as vu. Il t’a apporté un cadeau et ton sourire, ta joie ne me permettaient pas de te raconter autre chose. J’ai même été jusqu’à solliciter la complicité d’une amie pour que tu reçoives un texto du père Noël t’expliquant pourquoi il ne restait pas plus longtemps. Je t’ai raconté pendant deux bonnes heures le père Noël, sa vie, son oeuvre, ses lutins, la Laponie, son traîneau, ses rennes et surtout ma rencontre avec lui plus tôt le matin à Roubaix alors qu’il cherchait le chemin de l’école.

En ce Noël 2037, 20 ans plus tard, tu dois penser que je te mentais, que je me moquais peut-être de toi lorsque j’argumentais avec aplomb face aux quelques enfants qui criaient que le père Noël n’existe pas et que ce n’était qu’un des animateurs qui s’était déguisé ainsi.

Les adultes en effet peuvent mentir et je pense que tu ne m’as pas attendu pour t’en rendre compte. Quant aux autres enfants, ils n’avaient certes pas tort mais pourtant tout faux.

Vingt ans plus tard, je n’ai pas changé d’avis et, malgré tes désormais 28 ans, si tu me posais la question, je te répondrais de la même manière. Le père Noël existe. En ce Noël 2017, nous n’étions pas nombreux à le voir car il fait partie de ces êtres qui n’existent que pour ceux qui y croient.

Le père Noël, ce n’est pas que le bonhomme avec sa barbe. Ce n’est pas que les cadeaux même si je voyais bien tes yeux briller face à eux. C’est bien plus que cela. C’est la générosité dans son ensemble, les sourires qui émaillaient le visage de chacun ce jour-là, toute l’énergie déployée par tes éducateurs et animateurs pour aboutir à ce moment exceptionnel. C’est le plaisir de se retrouver ensemble, de partager un peu de magie, celle que tu peux saupoudrer un peu partout dans la vie.

Le père Noël n’existe pas. Ok… Soyons purement matérialistes. Mais la magie, tu as pu la palper, la saisir et la ressentir au fond de toi. Ton éternel sourire en était la preuve.

Comme toutes ces machines que tu maîtrises aujourd’hui, ces langages presque abscons, ces schémas de métal que tu connais par coeur, ces réseaux sur lesquels tu navigues jour et nuit, ces data-centers que tu gouvernes du haut de ton terminal… C’est matérialiste. Mais tu n’as pas oublié la magie. Ce que tu en fais, ce que tu fais naître, ces petits bonheurs numériques, artistiques que tu apportes, que tu partages, c’est ta magie.

Je t’ai menti il y a vingt ans. J’en suis fier et je continuerai à te mentir. Je sais aussi que tu perpétueras la tradition de ce beau mensonge.

(Quoique… Tant que je n’aurais pas fouillé et retourné le dernier centimètre carré de neige de Laponie, je ne pourrai jamais être certain que les non-pèreNoëlistes ont raison.)

D’avance, un très joyeux Noël à tous !