Scratch et la musique : tous en (multi)-piste(s) !

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Faire de la musique, c’est bien. Le faire à plusieurs, c’est bien aussi et notre chat doit parfois se sentir un peu seul. Quand on fait de la musique, on fait ce que l’on appelle du multipistes. Le principe est assez simple : une piste = un son, un instrument. Cela peut cependant se compliquer car il est possible de les multiplier pour obtenir des effets divers. Nous y reviendrons quand j’aborderai les questions d’écho, de phasage… et les expérimentations de compositeurs comme Steve Reich ou Philip Glass.

Imaginez donc un orchestre. Scratch, le premier lutin, est un des membres de cet orchestre. Certes, il pourrait jouer de plusieurs instruments mais le résultat serait un peu limité. Considérons le code ci-dessous.

Les commandes produisent en parallèle une rythmique et une ligne de basse assez simples. Cela sonne pourtant assez plat car il y manque un peu de « groove » que l’on peut obtenir en modifiant régulièrement le volume, plutôt que d’avoir un volume constant, ce qui donne un résultat plus que monotone.

Le code fonctionne bien mais, comme on peut le constater, les changements de volume affectent aussi la batterie, tout simplement parce que nos eux instruments différents (basse et batterie) sont mis sur le même lutin, soit la même piste.

Créons donc un deuxième lutin et donnons-lui les instructions pour la basse (en ne conservant bien évidemment que les commandes de batterie pour le premier lutin). À l’écoute, vous pouvez constater que le problème ne se pose plus. On peut ensuite faire évoluer le volume sur la batterie sans interférer avec la basse, puis ajouter d’autres instruments en créant chaque fois un nouveau lutin. Par contre, n’oublions pas : le tempo est le même pour tous. Inutile d’essayer des tempos différents pour chaque lutin.

Scratch et la musique : le tempo

Qu’est-ce que le tempo ? Le tempo est la vitesse à laquelle une musique est jouée. On le traduit aussi en BPM (battements par minute / beats per minue). De base, le tempo de Scratch est placé à 60, c’est-à-dire que l’on joue un temps à chaque seconde. S’il est placé à 120, cela signifie que l’on jouera 2 temps, soit deux noires, par seconde.

Pour distinguer les différents tempos (ou tempi si l’on veut être correct.), la musique classique utilise des termes comme « Adagio » (60-80 bpm), « Andante » (76-100 bpm), « Moderato » (88-112 bpm) ou « Allegro » (112-160 bpm). Les différents styles de musique adoptent des tempos particuliers. Ainsi le hip-hop et le rap sont situés autour de 90-100 bpm, le rock plutôt vers 130-140, la techno 120-150. Des styles extrêmes dans la musique électronique adoptent des vitesses supérieures comme la drum&bass (160-180 bpm), le hardcore (180-200 bpm) ou le speedcore (250 bpm et plus…). Il n’y a cependant aucune contrainte et il est intéressant de tester des tempos variés pour un même style de musique. Il est possible aussi de mélanger différents tempos dans un même morceau : ainsi, la drum&bass et sa moyenne de 160 à 180 bpm utilise pour certains passages comme les breaks un tempo réduit de moitié. Par exemple, un morceau à 180 bpm pourra avoir un break à 90 bpm.

Le tempo est cependant quelque chose de très subjectif et il n’est pas important de respecter une vitesse particulière. Tout est dans les sons que vous allez utiliser et dans la manière de les agencer.

On peut compter facilement le tempo d’un morceau ayant un rythme régulier en prenant la mesure en tapant du pied et en comptant. Il suffit de compter pendant 15 secondes, puis de multiplier par quatre pour avoir à peu près la vitesse du morceau.

Lorsque des musiques extrêmement rapides comme le speedcore cité plus haut apparurent, une légende voulait que ces dernières soient dangereuses pour la santé car elles pouvaient influer sur la vitesse de battement du coeur. Si cette légende avait été « scientifiquement prouvée », il aurait fallu interdire les slows depuis longtemps car un tempo aux environs de 70 bpm risquait de plonger les danseurs en catalepsie. 😉

Les commandes de Scratch liées au tempo sont au nombre de trois et relativement simples à utiliser.

Le tempo n’apparaît pas à l’écran mais, en cochant la petite case à coté, on le rend visible.

De manière très simple, on peut faire varier le tempo en programmant les touches fléchées haut et bas (Ou toutes autres touches.). Dans l’exemple ci-dessous, le tempo se réinitialise uniquement au moment où la boucle revient à son début.

Attention ! Le tempo est valable pour tous les lutins. Il n’est pas possible de mettre un lutin à 90 bpm par exemple et un second à 102 bpm. Par contre, nous utiliserons quelques astuces consistant à décaler, diviser ou multiplier les temps d’une mélodie ou d’un rythme. Nous y reviendrons.

Il est aussi possible d’utiliser un potentiomètre plutôt que les touches pour faire varier le tempo. Pour cela, nous devons créer une variable nommée « tempo » qui remplacera la commande « tempo » de l’exemple précédent. Pour transformer une variable en potentiomètre, il suffit d’effectuer un clic droit dessus, de choisir l’option « potentiomètre », puis par un nouveau clic droit de définir la valeur minimum et maximum du curseur.

Pour ne pas devoir attendre la fin de la boucle avant que le tempo soit modifié, il suffit de modifier légèrement le code en isolant la commande de tempo dans une autre boucle.

Scratch et la musique : choisissez vos instruments !

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Jouer la note ### pendant ### temps

La commande « jouer la note » est similaire à celle utilisée pour les percussions mais cette fois elle fait appel à des instruments au travers de sons synthétisés et non enregistrés.

Le chiffre représente la note. Ainsi la valeur 60 représente le Do médian. Le fait que Scratch utilise des chiffres pour représenter la note est extrêmement important car cela nous permet par la suite d’utiliser des listes ou d’effectuer des calculs sur ces valeurs afin de générer des mélodies de manière plus ou moins aléatoire.

Il est possible d’entrer les chiffres à la main mais lorsque l’on clique dessus un clavier apparaît et permet de repérer plus facilement la note que l’on désire. Cependant, le clavier est un peu limité, allant sur deux octaves de Do basse (48) à Do soprano (72). En insérant des valeurs en dessous de 48 ou au-dessus de 72, on peut atteindre des octaves différents. Essayez par exemple 32 ou 104.

Pour les temps, on se référera au tableau de cet article.

Choisir l’instrument n 1

Par défaut, l’instrument utilisé par Scratch est le piano qui sonne très « synthétique ». Heureusement il existe d’autres instruments au nombre de 21. Inutile cette fois-ci d’entrer des valeurs non comprises entre 0 et 21. Scratch restera muet.

  1. Piano
  2. Piano électrique
  3. Orgue
  4. Guitare
  5. Guitare électrique
  6. Basse
  7. Pizzicato
  8. Violoncelle
  9. Trombone
  10. Clarinette
  11. Saxophone
  12. Flûte
  13. Flûte en bois
  14. Basson
  15. Choeur
  16. Vibraphone
  17. Boîte à musique
  18. Tambour d’acier
  19. Marimba
  20. Lead synthétisé
  21. Pad synthétisé

Pour changer d’instrument lorsque l’on joue, on peut utiliser ce type de code en assignant à deux touches la possibilité d’augmenter ou de diminuer la valeur d’une variable nommée instrument.