Scratch et la musique : le silence est d’or et dure 4 minutes 33 secondes

Je suis un grand fan de John Cage, un compositeur et artiste américain, décédé en 1992. Sa pièce peut-être la plus connue est considérée comme (au choix, rayer les mentions inutiles) : une expérience sonore et / ou musicale, un concept philosophique, une plaisanterie… Pour ma part, je la définirai comme une expérience sonore et musicale non dénuée de philosophie et encore moins d’humour.

En effet, la partition de 4’33’’ (4 minutes 33 secondes) n’est constituée que de silences. Cette pièce appelle à se concentrer sur l’environnement sonore qui constitue l’œuvre toute entière. Cela peut paraître étrange et pourtant nous devrions plus souvent nous pencher sur cet environnement, exceptionnellement riche de mélodies et de rythmes pour peu que l’on fasse évoluer non pas notre regard mais notre oreille. J’ai souvent utilisé cette technique dans ma pratique personnelle et dans nombre de morceaux réalisés en atelier où nous faisions de la musique en utilisant uniquement les sons nous entourant. Je me souviens ainsi d’une séance où les enfants jouaient avec des pommes de pin et enregistraient les sons produits avec en effectuant des mouvements différents à chaque fois (laisser tomber la pomme sur le sol de différentes hauteurs, frotter la pomme sur le sol, la main…).

« Jouer » 4’33 » peut donc constituer une expérience intéressante avant de plonger dans d’autres environnements sonores. Ce que tout le monde oublie souvent est que 4’33 est constituée de trois mouvements (le second commençant à la 31éme seconde et le 3éme à 2 minutes et 54 secondes, c’est-à-dire à la 174éme seconde, pour se terminer à la 273éme seconde) et il ne s’agit pas de rester statique pendant le temps du morceau. Il faut donc marquer les mouvements par un geste. Scratch peut nous aider de par l’utilisation du chronomètre suivant ce code. Libre à vous de le modifier pour marquer les temps de manière moins traditionnelle que par un simple message.

Le chat montre les différents mouvements et appelle à se concentrer sur l’environnement sonore. Une fois, cette expérience réalisé, il est intéressant de partager ce que chacun a ressenti, a entendu puis de passer à l’enregistrement des différents sons. Scratch est particulièrement adapté à cette tâche, pour peu que l’on dispose d’ordinateurs portables. Nous y reviendrons. Pour ma part, j’embarque toujours en atelier une flotte de 8 ordinateurs portables que les enfants peuvent déplacer et balader comme bon leur semble pour enregistrer des sons, des voix… On peut aussi s’appuyer sur les téléphones portables, plus particulièrement lorsque l’on travaille avec des adolescents. Cela permet de leur montrer une petite partie des capacités sonores de leur mobile et d’exploiter ainsi le matériel existant plutôt que d’interdire…

Scratch Conference 2017 à Bordeaux

Mots-clefs

, , ,

Il est impossible de résumer en un seul article la Scratch Conférence de Bordeaux. Il en faudrait plusieurs et ils ne manqueront pas par la suite. La fête bat son plein à l’Université de Bordeaux, ainsi qu’au marché des Douves et l’on navigue ou plutôt naviguait entre de nombreuses conférences et ateliers. Plaisir de retrouver la communauté, d’échanger avec d’autres utilisateurs, de découvrir de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes, de partager les expériences et se plonger dans un univers extrêmement riche. Ce n’est pas que Scratch ; c’est tout le domaine informatique sous l’angle du code, avec son histoire et sa culture qui se retrouvent dans ce melting-pot de quelques jours. Les questions fondamentales n’ont pas manquer et la conférence a permis de rappeler les enjeux de l’apprentissage de la technologie au-delà des effets de mode ou marketing que l’on peut connaître aujourd’hui. Il y a bien un enjeu culturel et social et il s’agit de l’affirmer et le réaffirmer au jour le jour dans nos actions.

Merci à tous ! Ce fut un énorme moment… Qui me motive encore plus à poursuive mes projets.

Je l’avoue : la fatigue se fait sentir et je ne saurais détailler très précisément tout ce que j’ai pu voir. Les articles suivront. En attendant, visite en images de la Scratch Conférence !

Que pouvait-on y découvrir ?

Se confronter à une installation faites de lampes à leds permettant d’expliquer le fonctionnement d’un ordinateur, le coeur même de la machine et des traitements en binaire.

Faire connaissance avec Vibot le robot dont les aventures permettent aux enfants d’appendre le code pas à pas et de manière ludique.

D’avoir 6 ans et non plus 41 lors d’un atelier consacré à ScratchX, Arduino et le monde physique au travers du DIY et du collage de feutrines (I love feutrines !).

Rappeler la philosophie de Scratch qui fait toute sa saveur et son originalité.

Rencontrer, non sans émotion, Cynthia Solomon, l’une des créatrices du langage Logo. J’ai réalisé qu’elle m’avait permis de nombreuses choses et qu’elle avait avec Seymour Papert en quelque sorte designé ma vie, ma passion, mon travail (et vous pouvez remarquer que travail arrive en dernier 😉 ).

S’initier à une approche différente du langage des technologies permettant d’éviter les querelles de chapelle entre enjeux politiques et enjeux des apprentissages.

Découvrir comment allier Scratch et robotique.

Faire le pont avec les fous de Minecraft et le langage Java.

Minecraft

S’initier à la collaboration et à l’auto-évaluation.

Collaboration

Partager des activités numériques sans ordinateur, ici la constitution de cadavres exquis au travers d’un algorithme.

cadavres exquis

Découvrir des projets liés à Scratch et au handicap.

Scratch 4 Disability

Partager des histoires personnelles et la naissance de notre passion pour le code.

Histoires personnelles

Réaffirmer la présence de l’Afrique et de ses nombreuses initiatives dans la communauté Scratch, tout en construisant de nombreux liens.

Scratch Africa

Mais aussi, plus surprenant, assister et participer à une pièce de théâtre portant sur les algorithmes.

Théâtre

Et surtout découvrir la formidable performance de l’artiste Zoé Philpott qui nous a fait vibrer au travers de la vie d’Ada Lovelace, la première programmeuse de l’histoire de l’humanité.

Performance Zoé Philpott

Selfie

Chacun cherche son chat : Scratch 3.0 est annoncé #scratch3

Ce mercredi 19 juillet avait lieu lors de la Scratch Conférence 2017 à Bordeaux, la présentation d’une preview de Scratch 3.0. L’événement fort attendu a non seulement permis de découvrir les avancées de l’environnement de développement dédié aux enfants (mais pas que) mais aussi de mettre les mains dans le cambouis au travers d’une pré-version accessible en ligne qui ne manque pas de bonnes nouvelles.

La première est l’abandon de Flash dans le développement de Scratch pour se tourner vers des solutions plus « friendly » utilisant HTML5 (Javascript / CSS), ce qui permet à Scratch 3.0 d’être compatible avec les dispositifs mobiles (smartphones, tablettes) en sus des systèmes d’exploitation Windows, Linux et Mac OS X. Ce choix facile aussi l’intégration de Scratch 3.0 dans l plupart des navigateurs existants. Concernant les tablettes, l’équipe de développement de Scratch prévoit la création d’applications natives par la suite.

L’accessibilité a aussi été revue avec le support des langues se lisant de droite à gauche, ainsi que la possibilité d’utiliser des « screen readers » pour les personnes non voyantes ou mal-voyantes.

La compatibilité des projets issus de Scratch 2.0 est assurée, contrairement à ce qui s’était passée en passant de Scratch 1.4 à Scratch 2.0. L’import de projets 2.0 peut d’ailleurs se faire dans Scratch 3.0 en ajoutant simplement dans l’url l’identifiant du projet 2.0, ce qui évite la fastidieuse opération de sauvegarde puis d’import entre les deux versions (beaucoup plus facile à expliquer aux enfants… 😉 ). Par ailleurs, les projets ScratchJR seront compatibles avec Scratch 3.0 et la grammaire horizontale (ScratchJR mode) sera automatiquement traduite en grammaire verticale (mode par défaut de Scratch).

L’interface générale (comme on peut le voir sur la capture d’écran) reprend quant à elle le design de la première version en plaçant à gauche les commandes et les scripts, plutôt qu’au milieu et à gauche pour la version actuelle. Cela correspond à l’interface de la plupart des environnements de développement actuels et facilitera donc le passage de l’enfant ou de l’adolescent à un autre langage par la suite.

Quoi de neuf au niveau des commandes ? Scratch 3.0 supporte la synthèse vocale mais aussi la reconnaissance vocale. Cependant celle-ci sera limitée aux langages supportés par l’API du navigateur. Celle de Chrome par exemple permet de reconnaître 14 langages différents. Une extension pour Spotify est prévue. Enfin, Scratch 3.0 intègre de nombreuses commandes dédiées à l’IoT (Internet des Objets) et permettra de piloter nativement des dispositifs comme des robots, des plateformes de domotique ou de prototype électronique comme Arduino.

Cerise sur le gâteau, une fonction « undo / redo » a été ajoutée. C’en est fini des scripts qui disparaissent suite à une erreur humaine et que vous ne pouvez que pleurer.

Il faudra cependant être patient car Scratch 3.0 ne sortira que dans à peu près 6 mois en version alpha. La version officielle ne devrait voir le jour qu’en septembre 2018.

En attendant, l’équipe de développement permet de tester une pré-version au travers de leur GitHub (https://llk.github.io/scratch-gui). De nombreuses choses ne sont pas encore intégrées. Il est donc inutile de s’alarmer sur la disparition de telle ou telle fonction. Elle n’a la plupart du temps pas encore été ajoutée. Le code est open source et il est possible d’interagir avec l’équipe par exemple au travers de Twitter en utilisant le hashtag #scratch3. Les recommandations, les rapports de bugs sont les bienvenus, en particulier sur les projets 2.0 qui ne fonctionneraient pas dans la version 3.0. Rejoignez l’aventure…