[bug] Google Play Store : téléchargement en attente

Je viens de me battre avec plusieurs tablettes pour installer un certain nombre d’applications et revenait souvent le même bug qui, après quelques recherches sur le net, s’est avéré malheureusement régulier sur Android. Peut-être avez-vous tenté d’installer des applications sur votre tablette et vu s’afficher le message « Téléchargement en attente ». Rien n’y fait. On a beau se montrer patient, stopper certains téléchargements. Tout semble bloqué.

La raison en est simple. Le Google Play Store effectue les installations d’applications une à une et, si une seule d’entre elles est bloquée, c’est toute la file qui en pâtit. Rageant… Même une fois l’application installée, il se peut que l’installation des suivantes soit bloquée. Inutile de tout arrêter ou de redémarrer. Cela ne changera rien. Par contre, la solution est de vider le cache de l’application « Google Play Store ». Pour cela, stoppez d’abord tous les téléchargements en attente. Il suffit ensuite d’aller dans les paramètres de votre tablette, de choisir « Applications » puis « Google Play Store », enfin de cliquer sur « Stockage » et « Vider / effacer le cache ». Tout devrait rentrer dans l’ordre.

Peut-être une bonne raison de privilégier un store 100% libre, Fdroid ?

Comment mettre Scratch, la Musique Contemporaine, l’Art, les Maths et l’Histoire dans un mixeur

Quand j’évoque l’utilisation de l’art contemporain et plus particulièrement de la musique contemporaine en atelier avec les enfants, je vois souvent des regards étonnés. Le sujet paraît éloigné, peu abordable alors qu’il n’en est rien. Pour ma part, j’ai eu la chance de rencontrer la musique contemporaine dès que j’étais assez grand pour mettre les pieds dans une médiathèque, celle que je fréquentais étant plutôt bien fournie sur ce plan et m’ayant permis de découvrir des précurseurs comme Pierre Henry, Pierre Schaeffer, Klaus Schulze, Kfratwerk ou les premiers travaux de Vangelis ou Jean-Michel Jarre. Parallèlement l’on m’a offert une radio pour mes 11 ans lors de la « grande communion », radio que j’ai très peu écoutée, préférant me concentrer sur les sons bizarres, les parasites que l’on peut entendre entre deux stations. J’en ai gardé un grand amour pour ces sons et je n’ai jamais pu me résoudre à écouter la radio numérique pour cette raison.

Quand on évoque l’art contemporain, les réactions sont souvent mitigées voire agressives, le plus souvent par méconnaissance du sujet. J’ai été assez choqué d’entendre récemment un reportage sur la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain) sur France Info qui compilait les clichés. Introduit tout d’abord par la mention « pour 1000€ t’as plus rien » car bien évidemment les artistes n’ont pas le droit de vivre de leur art… S’ensuivaient une tentative d’acheter à ce même prix une oeuvre de Basquiat (ou comment se foutre de la g… du m…, ni plus ni plus moins) et la remarque super archi ultra humoristique « à ce prix-là, je n’ai pas les lacets » au sujet d’une oeuvre représentant une chaussure au prix de 8000€. Du journalisme ? Non, un tissu de moqueries, pour ne pas utiliser un autre terme qui pourtant rime parfaitement avec.

Alors pourquoi la musique contemporaine ? J’ai tendance à répondre d’abord facétieusement par « pourquoi pas ? ». Il y a tout d’abord le plaisir de la découverte, de l’expérimentation au travers de différents outils. Les pré-requis ne sont pas importants. Attention ! Je ne me place pas sous l’angle stupide du dénigrement façon « ça, moi aussi je saurais le faire ». Loin de là ! Certes, il y a des oeuvres faciles, d’autres ô combien plus complexes. L’important n’est pas dans la technique mais dans ce que l’on ressent face à elles. J’évacue aussi le classique « on ne comprend pas ce que cela veut dire ». De même, tout est dans l’émotion et il n’y a pas forcément de message. Personnellement je suis assez peu fan de la peinture flamande et j’avoue honnêtement que voir la Joconde au Louvre ne m’a fait ni chaud, ni froid. J’ai passé par contre de longs moments dans des expositions d’art contemporain. L’important est donc de mettre en avant l’émotion, ce que l’enfant ressent en manipulant les sons et les instruments sans devoir l’assommer de longues théories auparavant. Elle vient après, elle naît peu à peu de l’expérience.

La musique contemporaine, tout comme l’art contemporain, permet aussi de revaloriser l’erreur ou ce qui est perçu comme tel. Peut-être avez-vous déjà entendu le terme « glitch ». Le glitch est une erreur, un parasite que l’on va exploiter et intégrer dans l’oeuvre. Les sons que j’affectionne en radio (dont vous trouverez un exemple ici) sont perçus par la plupart des gens comme du bruit et non comme de la musique. Lors des ateliers, nous exploitons des sons qui ne sont pas censés être harmonieux à la base et auxquels seul le travail de l’artiste va apporter une certaine musicalité (musicalité, pas harmonie). Ceci permet d’étendre le champ de la créativité au maximum. Par exemple, mes instruments « classiques » préférés sont l’orgue et le piano. En ajoutant des éléments entre les cordes, John Cage a permis d’obtenir de nouvelles sonorités, non offertes par le piano à l’origine. L’instrument n’est plus alors vu comme une fin en soi mais comme un champ d’expérimentations que l’on va pouvoir modifier et augmenter.

Si tout est « musique », cela signifie que les ressources sonores sont infinies et le champ des possibles plus que varié. Je me souviens pour la création du fond sonore d’une exposition avoir passé un mois et demi à enregistrer des sons à Lille, Paris et Bruxelles. Bruit des voitures, des panneaux publicitaires automatiques, écoulement des fontaines, pas dans la rue, grésillements électriques, bouts de dialogues volés au passage… Je m’étais retrouvé avec une collection de plus de 300 sons qui m’a permis de jouer en direct pendant à peu près 6h en triturant ces sons de différentes manières. Il me suffit aujourd’hui de voir les enfants explorer les salles et couloirs de leur école ou collège, micro à la main, pour en saisir tout l’intérêt. J’avais même avec une classe de CP exploré le jardin. Nous avions enregistré le bruit de pommes de pin tombant sur le sol après les avoir lâchés de plus ou moins haut. Nous les frottions aussi sur différentes surfaces. Avec des collégiens, frapper à l’aide d’un bâton sur les piliers de basket m’avait permis de leur expliquer ce qu’était la réverbération, quelle était la différence avec l’écho et nous avions produit à l’aide de Scratch un piano assez bizarre car nous avions coupé l’attaque des sons (le début) pour n’en garder que la fin. L’ajout d’une pédale d’écho en sortie avait permis de donner plus d’ampleur au son. Enfin, nous l’avions utilisé plongés dans le noir, une lampe digne d’une discothèque projetant des points de couleur sur le plafond et les murs. Expérience garantie…!

Enfin, la musique contemporaine n’est jamais très loin des arts visuels et il est intéressant de pouvoir travailler cet aspect avec les enfants en exploitant leurs dessins, en les incitant à imaginer à l’aide de Scratch. Lors d’un atelier pendant les vacances, nous avions eu la chance de travailler dans une galerie de Lille en plein exposition. L’une des activités avait été de s’inspirer des oeuvres pour créer un algorithme permettant de dessiner plus ou moins à la manière de l’artiste. Pourquoi ne pas alors ensuite s’en inspirer pour composer ? Puiser dans les oeuvres de Sonia Delaunay, les fractales de Mandelbrot ou les multiples variations graphiques offertes par le nombre Pi ? Cela oblige à intégrer d’autres notions comme les mathématiques, l’histoire et peut offrir une belle transversalité à plusieurs apprentissages.

On pourra m’objecter qu’il existe des langages plus appropriés que Scratch pour composer de la musique, par exemple Processing, Sonic Pi, Pure Data… En effet, et je n’hésite pas à les utiliser couramment. Mais Scratch possède un certain nombre de qualités desquelles je ne saurais faire abstraction : accessible de 7 ans (et moins) à 777 ans, langage puissant non dénué de contraintes créatives, disponible en de nombreuses langues, communauté et expérience importantes, compréhension facilitée des algorithmes… Il constitue une très bonne introduction à d’autres langages plus complexes non sans offrir des possibilités énormes. Qui plus est, il mêle plus facilement que les autres les aspects sonores et visuels. C’est pour cela que je me suis lancé dans une série d’articles sur Scratch et la musique dont la partie technique vient d’arriver à terme avant de se plonger dans la description d’expériences musicales. J’espère transformer cette série en un ouvrage sous peu.

Des exemples ? Tout d’abord 4’33 de John Cage ou comment aborder la question de l’environnement sonore en détournant quelque peu le jeu du roi/reine du silence. La création et l’utilisation d’un séquenceur analogique en atelier, cet instrument cher au compositeur électronique Jeff Mills, où les touches du piano sont remplacées par des boutons rotatifs permettant ainsi de créer des boucles musicales et de les faire varier rapidement en temps réel. Produire de la musique ambient en improvisation totale en reprenant les règles du feu (mais bientôt renaissant tel le Phénix) Derrick Sound System. J’y reviendrai prochainement. Utiliser les propriétés du phasage / déphasage propres aux compositions de Steve Reich. J’y reviendrai aussi. Utiliser le hasard et les dés comme Mozart… Nous en reparlerons également.

Les possibilités sont vastes. Hors de question donc de s’en priver. J’ai un souvenir terrible de « Colchique dans les prés » ou des textes de Gilles Vigneault que mes professeurs de musique de 6éme et 5éme se sont évertués à me faire jouer à la flûte ou chanter jusqu’à ce qu’exaspéré j’assume mes choix et refuse purement et simplement d’exécuter les dites oeuvres. Je laisse aujourd’hui la liberté aux enfants avec pour seule objectif d’attiser leur curiosité : produire un beat hip-hop, une boucle électro-jazz avec les seuls sons du CDI ; organiser une sieste électronique à partir de sons du jardin ; transformer son prénom en plainte fantomatique ; réinventer la batucada à l’aide de carton et de papier aluminium… Mais, par dessus tout, faire plaisir et se faire plaisir !

Petit éloge du vagabondage pédestre et mental

Très souvent l’on nous dit qu’il faut avoir une activité physique, par exemple marcher (au moins 30 minutes par jour) mais jamais personne n’utilise le terme « vagabonder ». Il est perçu comme péjoratif. D’ailleurs les résultats de recherche sur le Wikitionnaire l’associent à d’autres résultats comme « fou », « misérable », « crotté »… Cela n’incite pas à s’y intéresser.

C’est pourtant un de mes gros défauts – au regard de la société actuelle – et il ne faut pas que dans mon espace visuel traîne un sentier inexploré, un bord de rivière accueillant, une porte abandonnée et mystérieuse pour que j’y plonge avec joie. Je viens ainsi ce matin de déposer ma voiture au garage pour un contrôle technique et deux possibilités s’offrent à moi : soit rester assis dans la salle d’attente, soit faire 100m pour rejoindre un petit sentier qui longe une rivière et des prés. Bref, vagabonder. Je me souviens de journées complètes à errer à la campagne ou dans des villes comme Bruxelles ou Paris. Sans but précis. Je revois des congrès, meetings, salons où la plupart se précipitaient du coté de la machine à café tandis que je plongeais dans les bas-fonds qui entouraient les lieux (en costard-cravate, il faut le préciser 😉 ).

Vagabonder, c’est sortir du cadre, aborder parfois des lieux peu fréquentés, se confronter à des espaces où le piéton n’a pas de place, voire où ont été reléguées des populations marginales.

Attention danger ? En plus de 20 ans de vagabondage, je n’ai jamais été inquiété, juste inquiet mais il ne s’agissait alors que d’un tour de mon imagination. Pour le reste, il suffit de prendre un minimum de précautions : bien regarder où on traverse, prendre son temps, ne pas rentrer dans un bâtiment qui semble en trop piteux état, être ouvert et amical.

Le danger n’est pas là. Il est surtout dans le regard des autres qui considèrent le plus souvent ces balades comme des excentricités. Je me souviens d’un retour de réunion (lorsque j’ai été encore salarié) où chacun s’est empressé de foncer dans sa voiture tandis que votre serviteur se payait deux kilomètres à pied. Cela m’a valu une incompréhension totale et quelques remontrances.

Il s’agit en effet de courir, d’optimiser son temps. Si l’on a du temps à perdre, il convient de le passer le portable à la main. Même si vous ne l’utilisez que pour un loisir, cela donne un air important. C’est plus gratifiant que d’errer au hasard, de marcher. Il semble dans la hiérarchie sociale que marcher c’est bon pour les autres, ceux qui n’ont pas d’ambition.

Je ne dis pas cependant que l’on n’a pas le droit de marcher. Mais, dans la société, il y a des temps bien définis pour cela. Apparemment il existe une loi qui dit « tu ne te baladeras que durant les vacances ou les week-ends ». La semaine c’est tabou car on travaille. Si tu déroges à cette règle, tu passes pour un fainéant.

Bref, optimisons notre temps. Mais est-ce bien efficace ?

Sur ces deux kilomètres à pied en effet – du loisir selon ma hiérarchie de l’époque -, j’ai eu tout le temps de réfléchir aux propos échangés durant la réunion. Mon cerveau était libre de penser, d’analyser et de construire un projet. Au terme de ma balade, tout était ficelé dans ma tête et il ne me restait qu’à utiliser mon clavier, ma plume numérique, pour partager ma vision avec mes collègues. Curieusement le fait que ma proposition ait devancé d’une semaine celles des autres n’a pas été retenu. J’avais vagabondé… Coupable tu es. Coupable tu resteras.

Parfois on s’étonne que je laisse les enfants jouer en atelier ? Quoi ? Ils ne font pas l’activité. Ils jouent ?

En effet, soit ils ont besoin d’un peu de vagabondage mental, soit c’est une récompense pour avoir mené à bien le travail demandé, soit enfin le jeu fait partie de l’expérience, de l’activité et est associé à un défi, un montage.

J’applique la même philosophie que pour le vagabondage pédestre. Ce n’est pas la faculté de savoir rester assis face à un bureau qui va sauver qui que ce soit; c’est la curiosité, la capacité à savoir utiliser ses compétences, à les mélanger, à en extraire tous les petits détails nécessaires au projet mené pour construire une nouvelle connaissance.

Les enfants en ont besoin autant que les adultes.

Récemment je jouais à Contra, un vieux jeu vidéo qui a bercé ma jeunesse. J’y ai joué tant et plus sur Amstrad CPC. Toute personne me voyant faire pourrait se dire que je ne travaille pas, que je m’amuse. Si on leur demandait s’il souhaite m’embaucher, je pense que la réponse serait non. La société a en effet besoin de gens qu’elle croit productifs, pas de flâneurs dans mon genre. Idem à l’école où je me serais payé une remarque voire une belle punition. Sauf que j’étais coincé à ce moment précis, coincé sur un bout de code et une manière de présenter les choses dans un mail. Coincé sur un terme qui ne venait pas. Alors j’ai fait comme de tous temps : j’ai laissé mon esprit vagabonder. Un quart d’heure plus tard la solution s’imposait. Si j’étais resté face à mon code ou à ce mail, rien ne serait venu. Et pourtant c’est bien souvent ce que l’on impose. La pause « cigarette » est acceptée au boulot. Essayez par contre de faire une pause « jeu vidéo » ou « balade ». Nous savons tous quels joyeux qualificatifs on vous donnera.

Visez pourtant l’efficacité. En éducation, les enfants ont besoin d’être stimulés, de respirer. Alors peu importe qu’ils donnent l’impression de ne rien faire. Pour peu que vous les ayez mis sur la voie, que vous les aidiez à gérer ces temps de pause pour qu’ils deviennent des moments créatifs et productifs, cela n’en sera que bénéfique.

Essayez par vous-mêmes. Où trouver le temps ? Je ne le trouve pas, je le prends ou plutôt je l’intercale. Explorez votre environnement proche. N’oubliez juste jamais d’avoir un carnet et un crayon sous la main (ou une application de prise de notes). Jamais…

Cet article a été rédigé sur mobile en 10 minutes face à une rivière, un saule pleureur, 3 canards et 2 poules d’eau. Relu, validé et posté avec 5 minutes de Castlevania entre deux.